Prison de Coronthie : la hantise du plaisir de torturer !

La prison de Coronthie devenue une chape de plomb d’Alpha Condé était justement là où certaines cadres de sinistre réputation prenaient plaisir à torturer leurs victimes, du moins, une résidence surveillée avec privation de tous les instruments électroniques et contrôle strict et entrées et des sorties, ceci bien sûr avant qu’ils ne soient tous traduits en justice. Même la pratique du sport était un parcours du combattant : la hantise du plaisir de torturer habitait bien des Guinéens supposés être proches d’Alpha Condé. 

Mourir en prison sous une dictature absolue est une situation banale sous d’autres cieux, mais, perdre la vie en détention, sans jugement, ni soins est encore plus absurde sous le régime d’un homme qui, encore et toujours, revendique plus de 40 ans de combat pour l’instauration de la démocratie en Guinée. La Maison centrale de Conakry, la plus grande prison du pays est devenue le mouroir (du 3è mandat obtenu au prix du sang) des opposants, car, les conditions de détention de ceux-ci ont été davantage durcies.

Selon des informations rapportées par la presse locale, les principales figures de l’opposition guinéenne qui avaient droit aux visites de leurs familles et à des activités sportives dans ce centre pénitentiaire datant de l’époque coloniale, sont désormais privées de ces droits élémentaires. Également, ils ont été séparés et isolés. Ce qui pourrait aggraver l’état de santé de plusieurs d’entre eux soumis à des exercices sportifs quotidiens par leurs médecins traitants. Installations vétustes, carence en nourriture, problèmes d’hygiène et de santé… le régime de la détention des opposants ne s’arrange pas en Guinée sous le régime d’Alpha Condé revendiquant par ailleurs d’être un panafricaniste.

Dans ce mouroir cruel, au nez et à la barbe de ce prétendu démocrate,  il y a un grand nombre de personnes détenues sans inculpation, qui attendent très longtemps leur jugement, en partie à cause de la lenteur du système judiciaire, mais, pour l’essentiel, à cause d’une volonté de faire taire des adversaires politiques qui perturbent le sommeil du Palais Sékhoutouréya. Tous les jours que Dieu fait, on assiste à l’arrivée d’une vague de prisonniers, alors que la capacité d’accueil est de 500 personnes. Un manque d’accès aux soins, des épidémies de gale ou de malaria, un minimum d’eau et de nourriture, en repas unique… La surpopulation carcérale à Conakry aggrave des situations sanitaires déjà fragiles.

Ces derniers mois, le taux de mortalité des détenus est alarmant : pas moins de six personnes sans qu’une autopsie ne soit réalisée et rendue publique. Même si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) précise que les données mises à disposition sont partielles, ces dernières permettent néanmoins de comprendre l’ampleur du phénomène. La Maison centrale de Conakry, on dénombre près de 2000 personnes en détention, toutes à la même enseigne : opposants au régime, bandits de grand chemin, multirécidivistes, petits larcins, voleurs à la tire, etc.

Récemment, un témoin de la vie carcérale rapporte chez nos confrères d’Africa Guinée : « Pour nous qui sommes en détention, nous vivons un calvaire sans précédent et dans la déchéance totale. Ici à la sureté, il y a plusieurs catégories de détenus. Il y a ceux qui sont des prisonniers politiques, qui sont dans la cale des détenues politiques qui faisait office de bibliothèque. Cette cale est adossée à celle des mineurs qu’on nomme Alpha Condeya. Le summum, c’est la cale des condamnés, bien entendu après celle qu’on appelle Avaria, où sont emprisonnés ceux qui n’ont plus d’espoir de survie. Il y a aussi d’autres cales comme l’infirmerie et le bloc des femmes. »

Le sinistre mouroir juché au nez et à la barbe d’Alpha Condé est composé de 3 principaux bâtiments : un pour les personnes condamnées, un autre pour les prévenus, et le couloir central. Cette prison de sinistre réputation ne suffit pas au régime d’Alpha Condé. Il fait recours aux camps militaires – Soronkoni – d’une autre sinistre réputation pour en finir avec des opposants ou pris comme tels. Ici, comme à la Maison centrale de Conakry, plus personne ne sait exactement le nombre de torturés, de tués à des heures indues et loin du regard. Tout se fait à huis clos sans que l’opposant historique d’hier, ayant bénéficié de toutes les faveurs de la part d’un militaire à la formation académique sommaire ne pipe mot et prouver qu’il est bien un démocrate convaincu.

Ces mouroirs de Guinée interpellent tous les défenseurs des droits de l’homme, de Guinée et d’ailleurs. Il est encore temps, car, les démons des règlements de comptes d’une autre échelle, d’un autre niveau de folie meurtrières sont réveillés du côté de Sékhoutouréya dont l’occupant actuel, alors accusé entre autres d’atteinte à la sureté de l’Etat sous Lansana Conté n’a jamais été privé d’avocats nationaux et étrangers, de soins, de pratiques sportives, de visites familiales. Mais, aujourd’hui, premier président dit démocratiquement élu, il méprise, il nargue, il embastille et il fait passer à l’échafaud des opposants à son 3è mandat, ce mandat de trop. Comme aux années d’aplomb de Sékou Touré.  Nul n’avait jamais parié, jusque-là en tout cas, sur ce nouveau visage mais vraiment de sinistre réputation d’Alpha Condé, se traduisant par la mise en fonction d’une abominable guillotine. A huis clos ! Avec l’arrivée du CNRD, on est plutôt soulagé. Du moins, il y a moins de peur !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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