PROJET SIMANDOU : La Guinée dans le déni

A quoi jouent les autorités guinéennes ? S’obstinent-elles à mentir ou refusent-elles à nier la réalité ? En tout cas, après l’annonce des responsables de Rio Tinto quant à leur retrait du méga projet de Simandou, on ne comprend le sens du communiqué produit par le ministère guinéen des mines. Chez nos confrères du The Times, le nouveau directeur général de la firme anglo-australienne a été on ne peut plus clair. Le Français, Jean-Sébastien Jacques, évoquant la baisse continue des cours du fer sur le marché international, a purement et simplement annoncé le retrait du géant minier  du gigantesque (un investissement potentiel de 20 milliards de dollars) de Simandou.
Sonnées par cette nouvelle qui leur coupe l’herbe sous le pied, dans un contexte économique des plus moroses, les autorités guinéennes par l’intermédiaire du ministère des mines publient un communiqué en vertu duquel elles prétendent laconiquement que « La société Rio Tinto demeure donc liée par ces engagements pris au sein de Simfer S.A. ». Et comme si le message du directeur général de Rio Tinto n’était pas suffisamment clairs, la Guinée évoque des « initiatives …en cours avec tous les partenaires de Simfer S.A pour la poursuite du développement du projet ». Poursuivant dans le déni, le ministre des mines via son communiqué, assure :
« Malgré le défi que représente le financement du projet, nous sommes convaincus qu’une solution de financement sera trouvée avec des partenaires partageant notre perspective à long terme. Nous attendons donc de toutes les parties prenantes d’adopter cette vision à long terme de ce projet qui s’exploitera sur au moins 50 ans ».
De deux choses l’une. Soit les autorités ont délibérément choisi d’ignorer la réalité et essaient une nouvelle fois berner les populations en continuant à leur vendre de faux-espoirs.  Soit, la Guinée est déjà dans la logique de la recherche d’un partenaire susceptible de remplacer Rio Tinto. En effet, dans son communiqué, le ministre prend le soin de remercier « particulièrement les partenaires qui ont récemment démontré par leurs engagements financiers sans précédent, notamment dans le secteur de la bauxite, que la Guinée est une destination d’intérêt pour les investissements étrangers ».
N’est-ce pas là un clin d’œil aux Russes qui, dernièrement, ont consenti à la relance de l’Usine Friguia et à l’exploitation du site Dian-Dian ? Rien n’est à exclure.
Anna Diakité, www.kababachir.com
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