Putsch contre Alpha Condé : prévisible, mais pas si tôt !

Dès son arrivée au pouvoir, plusieurs officiers supérieurs ont été mutés, éloignés de la capitale, certains rendus inopérants. Les armes aussi avaient été éloignées. Une façon pour Alpha Condé de vivre tranquillement. Au lendemain du raid supposé contre lui, en sa résidence de Kipé, Alpha Condé avait déclaré : « Bien sûr, il y avait des officiers qui avaient l’habitude de prendre 200 ou 300 millions par mois; il y avait un fonds bizarre de 10 milliards GNF que j’ai annulé. »

Autant dire qu’Alpha Condé savait le risque qu’il courait, c’est pourquoi, il a fait venir un homme de main, à la tête de la Défense nationale : « Evidemment certains ne sont pas contents mais on ne peut plus tuer le pays. J’ai fait aussi l’unicité des caisses, qui fait qu’il n’y a plus de comptes publics dans les banques, tout est centralisé au Trésor. On est donc en train d’assécher progressivement les différentes sources de corruption. C’est normal que les principaux bénéficiaires soient mécontents, mais il n’y a pas qu’eux… L’enquête établira les responsabilités, mais pour moi c’est une péripétie passagère. Le peuple de Guinée et l’armée dans sa grande majorité sont pour la démocratie. »

Dix ans après, Alpha Condé s’enorgueillit d’avoir une armée républicaine, allant jusqu’à déclarer qu’il n’y aura pas de coup d’Etat en Guinée. C’était mal connaitre les conséquences des manipulations au sein de la grande muette. Tous bruits de bottes étaient sanctionnés. Sauf qu’avec Doumbouya, le nouvel homme fort de Guinée l’a capturé, sans qu’une mouche ne se remue. Alpha Condé était certain que rien ni personne ne pouvaient l’éjecter de son fauteuil. Grosse erreur. Sa prétention était pour le moins outrancière. Il l’a payée cash.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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