Quel est le mal mystérieux dont souffrent les diplomates américains à Cuba ?

Un rapport médical précise les troubles neurologiques persistant depuis plus de trois mois chez 21 ex-employés de l’ambassade de La Havane, sans en expliquer la cause.

A la fin de l’année 2016, des fonctionnaires affectés à l’ambassade des Etats-Unis à La Havane ont commencé à se plaindre de divers symptômes neurologiques, incluant des anomalies de l’audition, de l’équilibre et de la sensibilité. Ces signes se manifestaient soit dans les locaux diplomatiques, soit dans leur chambre d’hôtel. L’accumulation de cas – vingt-quatre employés de l’ambassade ont fait état de ces maux –, a fait naître à Washington des soupçons d’attaques coordonnées, ce dont se sont vigoureusement défendues les autorités cubaines. En septembre 2017, plus de la moitié des diplomates américains en poste à La Havane ont été rappelés par le département d’Etat américain. De son côté, Cuba a accusé les Etats-Unis d’entraver son enquête en refusant aux enquêteurs cubains l’accès aux victimes ou à leurs dossiers médicaux.

Aucune explication plausible n’a été apportée à ce jour à ces troubles. Le suivi médical des fonctionnaires concernés s’est poursuivi, sous la coordination des chercheurs du Centre pour les lésions cérébrales et leur réparation de l’université de Pennsylvanie, à Philadelphie. Jeudi 15 février, ces derniers ont publié en libre accès sur le site du Journal of the American Medical Association un rapport préliminaire de leurs constatations. Il ne s’agit toutefois que d’une description des troubles persistants présentés par les employés de l’ambassade, qui ne propose pas d’hypothèse sur leurs mécanismes déclencheurs.

Le département d’Etat américain a recensé des témoignages faisant état de phénomènes sonores ou sensoriels émanant d’une direction précise mais sans qu’une source puisse être identifiée. Sur les vingt-quatre fonctionnaires susceptibles d’avoir été exposés, vingt et un ont passé un bilan médical pluridisciplinaire complet, en moyenne sept mois après l’apparition des troubles. Cette évaluation incluait divers tests d’équilibre, de motricité oculaire, de cognition (mémoire, jugement, compréhension, raisonnement)…

Par Paul Benkimoun

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