La question du carburant aux oubliettes alors que le baril demeure en deçà de 50 dollars

Les syndicalistes, à travers une grève générale de cinq jours largement suivie par les Guinées avaient réussi à arracher du gouvernement l’engagement de revoir à la baisse le prix du litre du carburant à la pompe. La mesure devait entrer en vigueur à 90 jours de la signature de l’accord le 19 février; donc le 19 mai.

C’est contre toute attente que le premier ministre dix jours seulement avant l’expiration du délai, lors d’une conférence de presse a tout bonnement nié l’engagement du gouvernement. Une négation soutenue indirectement par le président de la République et directement par Amadou Damaro CAMARA, président du groupe parlementaire de la majorité qui fait pourtant partie des facilitateurs lors de la signature de l’accord tripartite (gouvernement, syndicat et patronat).

Les syndicalistes, à l’époque ont donné l’impression de ne pas se laisser faire en promettant de tirer toutes les conséquences. Des rencontres avec le ministre de la fonction publique pour continuer le dialogue social. Mais pour des raisons inconnues, ces rencontres ou tout au moins les résultats (s’il y a eu rencontres) se font encore attendre. Le litre continue à être vendu à 8000 francs pendant que le baril varie entre 45 et 46 dollars américains, selon le site www.prixdubaril.com. Les organisations de la société civile ont laissé faire.

« Les parties conviennent de maintenir le prix à son niveau actuel. Par ailleurs, elles conviennent que, si le prix du baril venait à augmenter, le prix à la pompe en Guinée continuera à être maintenu au prix de 8000 Gnf jusqu’en décembre 2016. Cependant, si le prix du baril se maintient à 57 dollar, le gouvernement, le patronat et le syndicat conviendront du prix du litre à appliquer à la pompe dans les 90 jours ».

Voici sans commentaire un extrait de l’accord du 19 février ayant permis de mettre fin à cinq jours de grève. L’opposition aime souvent accuser le pouvoir de ne pas respecter ses engagements. Le refus de baisser le prix du carburant milite fortement en faveur de cette accusation.

Oumar Rafiou DIALLO, www.kababachir.com

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