Qui a interdit le parrainage de mamaya politique ?

Interdiction des ministres-parrains politiques. Cette mesure avait fait le tour de la toile et des radios privées guinéennes. Don Kass voulait casser l’élan des ministres qui débloquent des fonds publics à des fins politiques, au nom du RPG ou en leur nom personnel. Voilà que le Premier ministre lui-même, à la tête de tous ses ministres, chante et danse à Kankan. Sous les caméras, flashes d’appareils photos, Kassory Fofana danse la mamaya, danse traditionnelle de la haute Guinée. Pour un parrainage, on ne pouvait pas mieux trouver.

De toutes les façons, c’est la marque de fabrique de bien des cadres tapis dans l’administration publique : parrainer des manifestations politiques du parti au pouvoir. La trouvaille ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte sous Aldjana Fodé (Vice-gouverneur de la BCRG) avec le tournoi de football doté du trophée Hadja M’mah Camara, maman du président Lansana Conté. L’évènement piloté par des clans mafieux drainait des foules nombreuses au Mokéboundji, à Kindia, aménagé à cet effet en plus d’un stade construit pour griller des billets de banque, développer la prostitution et la dépravation.

L’évènement a fait des émules. De gouvernements en gouvernements, on parraine. Les mêmes mamaya. Occasions propices pour voler dans les caisses publiques au nom du parti au pouvoir. Aujourd’hui, Kassory Fofana entend interdire cette saignée financière. La mesure pourrait bien aller jusqu’au clash entre lui et Alpha Condé. En effet, dans la conception du président, supprimer le parrainage est synonyme d’abandon des activités ou plutôt des manifestations politiques du RPG. Or, on se rappelle, lors de son dernier passage public au siège du parti présidentiel, Alpha Condé avait fait une demande aux ministres.

Comble de tout, Alpha Condé a ajouté à la bouillabaisse : «Le rôle des militants du RPG aujourd’hui, c’est d’être sur le terrain en permanence, près des populations, pour expliquer ce qui a été fait, mais surtout ce qui doit être fait. » Aux femmes, il se moquait : «J’ai dit au Premier ministre et à son gouvernent que dans les prochaines nominations, je prioriserai entièrement les femmes à tous les grand postes de responsabilité. J’ai confiance aux femmes parce qu’elles sauvegardent mieux l’argent. » Comble de la moquerie : « Vous êtes l’œil pour surveiller les ministres pour ne pas qu’ils détournent. » Don Kass risque de casser les dents. Autant se dédire en actes et en gestes. Et là, ça y est.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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