Quotidien national Horoya : vers la fermeture de la vieille dame ?

C’est la plus vieille rédaction de tous les médias Guinées. Elle date d’avant l’indépendance, émergeant sous multiple labels. Mais aujourd’hui, le Quotidien national Horoya ploie sous le poids de l’indifférence de nombreux ministres qui se sont succédé à la tête du département de la communication.

A part Aboubacar Sylla et Justin Morel Jr qui ont apporté du souffle nouveau – équipements informatiques, internet, recrutement du personnel et rajeunissement de l’encadrement -, tous ceux qui sont venus après ont accéléré la mort de la vieille dame et fleuron de la presse guinéenne. Aujourd’hui, à cause notamment de la vétusté ou plutôt de l’absence d’équipements, du manque de management, etc. le journal ne parait plus, malgré l’enthousiasme des journalistes qui rallient la rédaction tous les jours. Des députés plaident carrément pour la fermeture du seul quotidien national dont on se rappelle quand même plus la dernière fois qu’un journaliste a accompagné l’un des Chefs d’Etats guinéens.

C’est pourquoi, mais surtout de sa ligne éditoriale que Kalémoudou Yansané, tranche : « Franchement, je souhaiterais qu’on supprime carrément le journal Horoya. Je ne sais pas s’il y a un député qui lit Horoya.» Cette option a dû choquer les pensionnaires du Quotidien national ou de ce qui en reste. Qu’a-t-on fait de tous les milliards GNF alloués pour la régularité de Horoya ? On se rappelle qu’il y a eu jusqu’à récemment de sérieux problèmes de décaissements au niveau de la DAF du département, de quoi faire monter la moutarde au nez du DGA de Horoya Sékouna Keita, un jeune cadre pétri d’expérience mais qui a été très tôt étouffé par un lobby à l’interne puis au niveau du ministère. L’homme s’est retracté et tente de planter ses choux ailleurs.

Pourtant, dans les équipements de Horoya mobilisés en 2016, il y a 13 millions GNF. Un montant revu à la hausse pour 2017 (17 millions GNF). S’agissant des équipements informatiques, en 2016 on avait budgété 29 millions GNF contre 33 millions GNF en 2017. Tous les chiffres ont été revus à la hausse. Pourvu que Horoya se relève. La maison est en sursis. Alhassane Souaré le DG est attendu au niveau d’un seul front : la remise à plat de sa politique managériale. Dans le cas échéant, la mort de Horoya est absolument certaine.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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