RDC : les menaces de Kinshasa aux pays africains qui viseraient sa déstabilisation

Les autorités congolaises ont dénoncé, lundi, un complot à « ciel ouvert » contre sa souveraineté, et mis en garde les pays africains qui tenteraient de déstabiliser la République démocratique du Congo (RDC) avec le concours des « puissances non-africaines ».

Ces déclarations ont été faites, lundi, par le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, en réaction aux propos tenus mercredi par le président français, Emmanuel Macron, qui affirmait lors d’une conférence conjointe avec son homologue rwandais, Paul Kagamé, soutenir « l’initiative prise par le président de l’Union africaine en lien étroit avec le président angolais » au sujet du Congo-Kinshasa.

« Certains ont pris l’habitude de parler de nous sans nous. Personne n’a le droit d’envisager des solutions aux problèmes congolais sans nous », a déclaré Mende qui s’exprimait à l’occasion d’une conférence de presse à Kinshasa. Il a, en outre, mis en garde les pays africains notamment ses voisins qui « se hasarderaient à servir de ponts pour déstabiliser » la RDC « avec le concours des puissances non-africaines »« Ils seront payés en monnaie de singe grâce notamment à la résistance du peuple congolais », a averti Mende affirmant que la RDC est « jalouse de sa souveraineté et ne laissera personne s’ingérer dans ses affaires internes ».

Samedi, le ministre congolais des Affaires étrangères avait convoqué les représentants diplomatiques de la France, de l’Angola et du Rwanda à Kinshasa pour leur demander des « explications » sur cette initiative.

« Qu’est-ce qui a été dit entre Macron et Kagamé sans que nous le sachions ? Nous avons attendu la réponse. Si elle n’est pas satisfaisante, Nous tirerons toutes les conséquences », a ajouté Mende.

L’élection présidentielle congolaise est prévue pour le 23 décembre 2018. L’opposition et la société civile soupçonnent le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de vouloir briguer un troisième mandat ou de reporter encore une fois ces élections qui devraient mettre fin à son règne.

Arrivé au pouvoir après l’assassinat de son père (Laurent Désiré Kabila) en 2001 à Kinshasa, Joseph Kabila élu en 2006 puis réélu en 2011, a théoriquement achevé son deuxième et dernier mandat le 19 décembre 2016. Toutefois, la non tenue des élections dans les délais convenus, ont permis son maintien au pouvoir à ce jour

Ces derniers jours, son parti (PPRD- Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) et ses cadres ont multiplié les appels pour voter massivement pour Kabila lors de la prochaine présidentielle. La constitution en vigueur interdit à Kabila de se présenter pour un troisième quinquennat.

Tenter un troisième mandat peut facilement déboucher sur des situations de « violences préjudiciables pour la paix et la stabilité de la RDC et de toute la sous-région », ont prévenu les évêques catholiques jeudi dernier. Après Paul Kagamé, le président Emmanuel Macron a reçu lundi son homologue angolais Joao Lourenço, en visite officielle en France, avec qui il s’est également entretenu du dossier congolais, réitérant son attachement au respect de l’accord de la Saint-Sylvestre.

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