Récompense de Monénembo : la subtilité du ministre Siaka Barry

La récompense que l’Académie française a accordée à l’écrivain guinéen Tierno Monénembo continue d’alimenter la chronique et la polémique. Cette fois-ci, c’est le ministre de la Culture aux manettes. Siaka Barry, dans une subtilité à peine perçue a dit dans la dentelle ce que les RPGistes disent tout haut, souvent avec une extrême outrance : la position politique du Franco guinéen.

En effet, sur sa page Facebook, le ministre déclare : « Que l’on partage ou pas ses positions politiques circonstancielles, force est de reconnaître que Monénembo a apporté (…) à la littérature guinéenne contemporaine. » Et d’ajouter qu’il est devenu le porteur du flambeau allumé par Fantouré, Sassine, Laye et Keita Fodéba, oubliant peut-être que ce sont tous des contemporains guinéens. Seul hic, les uns sont morts plutôt. Donc Tierno est loin un héritier de ces autres compatriotes qui ont contribué à l’édification de la littérature guinéenne post indépendance.

En égratignant les positions politiques du lauréat guinéen du prix Renaudot, le ministre Siaka, un genou à terre glisse sur sa neutralité et son appartenance politique. Ce pic à peine voilé ne semble point frustrer : « Monénembo a toujours été un écrivain engagé, donc ne vous attendez pas à ce qu’il soit tendre avec les politiciens africains, tant que que son rêve de liberté (…) ne verra pas le jour. (…) Haïssez-le, il a déjà inscrit son nom sur le Panthéon de l’Histoire universelle », se lâche un Internaute, visiblement agacé par les tirs croisés contre l’auteur du ‘’Le Roi de Kahel’’.

A ce titre, certains considèrent cette sortie de Siaka Barry comme une sortie ratée. Soit ! Pendant ce temps, l’idée générale qui se dégage, c’est que tous les hommes de cultures et des arts ont positivement salué la récompense de l’écrivain, sans tenir compte de ses positions tranchées inaltérables, inoxydables et insondables. Après tout, elles ne datent pas d’aujourd’hui. Autant se calmer et laisser l’homme prolixe poursuivre son bonhomme de chemin. Il deviendra ministre de la République demain que les mêmes applaudiront. Sait-on jamais !

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

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