RÉCONCILIATION NATIONALE : Ne pas compter sur Alpha Condé

 
Si le fait qu’il ait consenti à la mise en place de la Commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale (CPRN) et certains passages de son intervention à l’occasion de la cérémonie de remise du rapport d’hier, laissent croire qu’Alpha Condé est disposé à faciliter la réconciliation en Guinée, en réalité il n’en est rien. Mais pour une fois, ce n’est pas qu’il ne veuille pas. Il n’en est tout simplement pas capable. Son être tout entier le porte vers l’adversité, les affrontements et non vers l’unité et la cohésion. Il est ainsi fait et n’est pas capable de changer.
C’est tout au moins ce qui ressort de l’allusion qu’il a faite hier aux menaces de l’opposition de reprendre les manifestations après le mois de Ramadan. Alors que la cérémonie portait sur une question d’enjeu historique, le chef de l’Etat n’a pas résisté à évoquer les questions de politique politicienne de l’heure. Ainsi, dans une allusion à peine voilée aux marches de rue que la bande à Cellou Dalein Diallo entend reprendre dès après la fête de Ramadan, Alpha Condé s’est voulu tout aussi menaçant :
« Les libertés c’est une chose, mais il revient à l’Etat de protéger les personnes et leurs biens. Nous n’accepterons plus que les personnes soient agressées dans leurs maisons. On va faire en sorte que toutes les libertés soient respectées, mais votre  liberté ne doit pas piétiner celle de votre voisin. L’Etat prendra ses responsabilités ».
Dans une instance où il est question de réconciliation nationale, ce n’est certainement pas les propos qui sont les bienvenus. Parce qu’au lieu de réconcilier, ils tendent à diviser davantage car susceptibles de radicaliser des positions. Mais comme on l’a dit précédemment, il ne fallait pas s’attendre à autre chose de la part du président de la République. Depuis son accession au pouvoir, il a toujours agi ainsi. Il n’a jamais eu les propos qui rassemblent et unifient. Se comportant toujours et encore en opposant, il n’a jamais cessé de cristalliser la contestation et la polémique. A propos, son discours contre la communauté mandingue est encore frais dans les mémoires. En fait, ce qui semble vrai, c’est qu’il n’a jamais été en mesure de comprendre le véritable enjeu de la réconciliation nationale. S’il en parle, c’est juste pour le besoin de ne pas passer pour quelqu’un qui néglige un sujet aussi sensible. Autrement, il n’en a rien à faire.  
Anna Diakité, www.kababachir.com
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