Recrutement d’un opérateur: L’opposition dénonce la CENI



Pendant que la question d’un calendrier électoral préoccupe plus d’un
guinéen, les partis politiques de l’opposition dénoncent les manœuvres
de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) dans la
procédure de recrutement d’un nouvel opérateur chargé de la gestion du
fichier électoral.
Dans une déclaration, les opposants exigent la correction des
anomalies signalées dans l’audit du fichier électoral, où on
enregistre plus de 3 051 773 d’électeurs non dé doublonnés, qui
seraient des fictifs.

A côté de ça, l’opposition guinéenne, juge ‘’unilatérale’’ la décision
de la CENI relative au recrutement d’un nouvel opérateur, en violation
de la procédure de passation des marches : ’’Nous avons noté que la
procédure de recrutement a été lancée sans information au préalable
des partis de l’opposition politique.’’, regrettent les opposants.


Lisez l’intégralité de la déclaration

DECLARATION DE L’OPPOSITION GUINEENNE RELATIVE AU RECRUTEMENT DE
L’OPERATEUR TECHNIQUE PAR LA CENI

DECLARATION :


Les Partis d’opposition dénoncent  avec force la manière dont la CENI
et son Président ont mené la procédure d’appel d’offres relative au
recrutement d’un « cabinet d’ingénierie pour la fourniture d’une
solution complète de gestion  du fichier électoral biométrique de la
République de Guinée ».

Il convient  de rappeler que c’est l’audit du fichier électoral
réalisé  par un groupe d’experts internationaux qui a conclu à la
nécessité  de réviser  le fichier électoral  guinéen afin de le purger
de ses anomalies, notamment :

•       Plus de 1 564 388 électeurs inscrits dans le fichier sont sans
empreintes digitales,
•       Plus de 3 051 773 d’électeurs non dé doublonnés
•       Plus de 3.000.000 d’électeurs sont nés entre un 1er janvier et un
1er juillet, et donc un peu plus de la moitié des électeurs ne peuvent
pas produire un acte d’état civil avec une date de naissance exacte.


La décision d’auditer le fichier électoral guinéen émane de l’accord
politique du 12 Octobre 2016. Cet accord a exigé  un audit complet du
fichier  avant l’organisation des élections législatives.

Parmi les recommandations fortes dans le rapport d’audit à mettre en
œuvre avant les élections législatives, on peut noter entre autres :

R1- Court terme: Au vu des doublons persistants du nombre de citoyens
sans données biométriques et de décédés qui pourraient encore figurer
dans la base des données, un contrôle physique de l’ensemble des
électeurs s’impose. Chaque citoyen revient confirmer ou compléter ses
données alphanumériques et biométriques pour qu’il soit maintenu dans
la base.

R2- Court terme : Pour les prochaines opérations de révision ou
d’enrôlement, demander à l’opérateur biométrique de conserver les
données biométriques capturées et l’information sur la qualité de ces
données pour garantir l’interopérabilité entre différents systèmes.
Toutes les pièces justificatives des électeurs (formulaires, pièces
d’identité) devraient être archivées numériquement et rattachées aux
données de l’électeur.


En effet, dans le cadre de cet appel d’offres le Président de la CENI,
a engagé des pourparlers avec un certain nombre de sociétés
susceptibles de fournir l’expertise demandée, en violation flagrante
du Code des Marchés Publics. Il  en est de même de la violation des
engagements pris par la CENI concernant la concertation avec les
parties prenantes au processus électoral. Nous avons noté que la
procédure de recrutement a été lancée sans information au préalable
des partis de l’opposition politique.


En effet, à la date  du 20 mai 2019,l’UFR a adressé un courrier au
Président  de la CENI pour exprimer  son étonnement par rapport à la
procédure  parallèle et  souterraine  qu’il a initiée.  Dans la lettre
 réponse,  la CENI, s’est voulue rassurante en niant l’existence d’une
telle procédure.

Pourtant,  cette même  CENI a adressé le 17 mai 2019 une demande de
proposition à sept  (7) sociétés pour l’attribution du marché.

L’UFDG, quant à elle, a saisi  l’ARMP, pour dénoncer  non seulement
le caractère opaque et illégale de la procédure, mais aussi et surtout
pour demander à  l’ARMP de  suspendre la procédure. Bien entendu, tous
ces efforts ont été vains.

Cette procédure initiée de manière informelle et opaque  a abouti le
lundi 10 juin 2019  à l’ouverture des plis des 5 sociétés qui ont
finalement soumissionné  sur les sept (7) initialement  listées  par
le Président de la CENI.

Par ailleurs, en ce qui concerne l’acquisition des Kits d’enrôlement,
en violation du Code des Marchés publics, la CENI a pris contact avec
une Société Sud-coréenne pressentie pour fournir ledit matériel. Cette
négociation a été pilotée par le président de la CENI lors de son
récent séjour à Paris.

En dépit de plusieurs  alertes sous formes de mise en gardes faites au
Président de la CENI, celui-ci a obstinément poursuivi sa démarche au
mépris des règles élémentaires de transparence.

Face à cette situation d’une exceptionnelle gravité qui évoque  pour
nous de mauvais souvenirs, les partis de l’opposition politique
condamnent avec la plus grande fermeté les comportements de la CENI et
de son  Président, Me  Amadou SalifKébé.


Les Partis de l’Opposition Politique prennent  l’opinion nationale et
internationale  à témoin et rendent  personnellement le  Président
de la CENI responsable des risques  qu’il fait courir  sur la
crédibilité du processus électoral, gage de la stabilité et de la paix
sociale dans notre pays.




Conakry, le 12 juin 2019



 Ont signé,



Les Partis de l’Opposition Politique

NB : ARMP : Autorité de Régulation des Marchés Publics

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