Recrutement en pleine année scolaire : les aveux du gouvernement…

« On aurait peut-être pu s’organiser pour que les résultats ne sortent pas en pleine année scolaire, caler les travaux de secrétariat et être sûrs que chaque correcteur serait disponible à temps. » C’est manifestement un aveu d’impuissance émis par le porte-parole du gouvernement, après 8 morts suite à la grève vécue le mois dernier à Conakry.

Damantang Camara se défausse tout de même sur ce qu’il appelle « une machine qui est très lourde à mettre en œuvre. » Et d’ajouter pour se tirer d’affaire et se dédouaner : « Si vous vous souvenez, lorsque nous avons passé l’examen et nous nous apprêtions à proclamer les résultats, personne n’a dit qu’on n’aurait pas dû organiser ces examens en pleine année scolaire. »

Pour le gouvernement donc, il est victime de sa « volonté d’aider les syndicalistes et de comprendre leurs préoccupations. Dans le même protocole qui dit que les parties devaient se retrouver après la transposition de la grille salariale pour discuter d’éventuelles corrections, dans ce même protocole le Gouvernement a accepté une doléance des syndicalistes qui demandaient à ce qu’on prolonge la période d’inscription des contractuels pour leur permettre de passer au concours de recrutement, c’était en février. »

Comme quoi, c’est cette circonstance et bien d’autres qui ont fait que le recrutement des enseignants n’aura pas pu avoir lieu à temps. Extrait : « Vous comprenez que la période en question a pris du temps et c‘est seulement 21 août que les examens se sont déroulés, donc en pleines vacances scolaires. Bien entendu il a fallu du temps pour corriger plus de 50 000 copies ; cela nous a amené en décembre. Donc c’est une question d’appréciation. »

Damantang tente la pirouette : « En toute franchise, je ne crois pas que le problème soit sur la période d’organisation du concours en tant que tel dès l’instant où il y a une urgence à doter nos écoles d’enseignants puisque beaucoup de nos écoles n’ont pas d’enseignants et qu’on ne pouvait pas prendre le luxe d’attendre encore pour programmer ces résultats. Ce qui en plus aurait suscité beaucoup de suspicions sur la sincérité de ces résultats. »

Le mal est fait, Conakry se remet petit à petit de ses plaies. Les familles des victimes eux, continuent de pleurer leurs morts. Par la faute de cet amateurisme sans précédent.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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