REDEVANCES MINIERES : l’Etat sera-t-il épinglé à Siguiri

Si on en croit à nos sources, pour l’Etat guinéen, c’est une embarrassante affaire qui commence à surgir à Siguiri. En effet, les citoyens de la zone Area one (Kintinian) qui en ont marre du paradoxe entre leur vie de misère et les richesses qui sont extraites de leur sous-sol, viennent d’adresser de nouvelles doléances aux responsables de la Société Ashanti Gold (SAG) via les autorités préfectorales.

En gros, ils réclament l’emploi de 200 jeunes du coin, le bitumage de la route qui mène de Siguiri ville au Bouré, l’adduction d’eau et l’électrification de leur localité ainsi que le versement des 50 % des 0,04 % de redevance que la société minière rétrocède aux communautés de la localité de Siguiri.

Destinataire des doléances avec comme mission de les transmettre à qui de droit, le préfet, Ibrahima Kalil Keïta aurait fait appel aux responsables de la SAG pour leur faire part du contenu du courrier à lui adressé. Mais de la part de ses interlocuteurs, il a eu droit à une réponse qui risque de révéler les turpitudes de l’Etat guinéen dans la gestion de ces redevances. En effet, à la SAG, on se serait borné à rétorquer qu’à l’exception de la question relative au recrutement, les autres points de revendication s’adressent surtout à l’Etat. Une réponse lourde sens, dans la mesure où elle sous-entend la reddition des comptes.

De fait, la situation est telle que les sociétés minières se contentent de libérer les fonds qui reviennent aux communautés. A charge pour l’Etat guinéen de s’occuper de la mise en œuvre des projets communautaires que ces fonds sont censés financés. Mais comme le démontre ce cas précis de Siguiri, très souvent, ces sommes colossales prennent des directions que les communautés ne peuvent même pas soupçonner. Laissant les zones minières plus pauvres que jamais et sans infrastructures communautaires. D’où des conflits récurrents dont on a du mal à trouver les solutions. Parce que les sociétés, convaincues d’avoir libérer l’argent, ne peuvent consentir à se soumettre au chantage. Alors que les communautés, confrontées à l’immuable misère, ne peuvent non plus se contenter de la résignation.

Mais dans ce cas-ci de la ville de Siguiri, les responsables pourraient être démasqués.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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