Référendum 3è mandat : Alpha Condé masque mal sa hantise

Si voulez poursuivre les discussions sur la vie de la nation guinéenne, autant éviter d’évoquer le possible 3è mandat annoncé en filigrane par Alpha Condé lui-même dont les réactions sont allées jusqu’au Quai d’Orsay, à l’Elysée, à Matignon et à la Maison blanche. Au niveau interne, les opposants n’ont pas attendu pour monter d’un cran et dénoncer.

Alpha Condé se rétracte sans renoncer. Des députés de son parti manœuvrent.  Certains comme Saloum Cissé n’en veulent pas : ils veulent à ce que le RPG brigue un 3è mandat mais pas Alpha Condé. La nuance en dit long sur l’agacement. Alpha Condé Condé lui, malgré les positions tranchées de Issoufou et Ouattara et plus récemment Barrow, ne tranche pas. Et il reste réfractaire à toutes questions liées à un 3è mandat. Et pourtant, tant qu’il ne tranche pas, il aura des questions et des appréhensions. Dans Libération, Alpha Condé ne change pas de discours. Il se cache derrière sa fameuse phrase : « C’est le peuple qui décidera ».

Avant d’ajouter : «Arrêtons avec cette vision dogmatique de savoir si la bonne chose est un, deux ou trois mandats. Ça dépend de chaque pays et de la volonté de son peuple. » Et imbu d’un nationalisme désuet, Alpha Condé dit ne pas vouloir« que l’Occident nous dicte ce que nous devons faire. Les pays développés, on ne leur pose pas la question ! Est-ce qu’on pose la question à Singapour par exemple. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de décider. » Il tente une escapade : « Pour le moment, j’ai un programme de développement et je me bats pour l’appliquer. Ma préoccupation n’est pas le nombre de mandats. C’est un débat qu’on nous a imposé. »

Et pour finir, il distrait ceux qui le croient : « Mon mandat, c’est comment changer les conditions de vie des Guinéens, et avant tout des jeunes. » Pour l’instant, c’est vraiment raté ! Les jeunes meurent dans la Méditerranée, parce que sans perspectives en Guinée. Les Guinéens sont abusés parce que le gouvernement s’en fou la gouvernance est approximative. Un ras-le-bol se dessine et il y a un gros risque de tenter un 3è mandat au moment où les autres présidents africains refusent le parjure! Le syndrome burkinabè n’est pas loin.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

 

 

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