Reforme de la Justice: encore du chemin à faire

 

Tambour battant, Alpha Condé avait annoncé 2012 comme étant celle de la Justice. Un vœu pieux pourrait-on dire aujourd’hui, après plus de cinq ans depuis cette annonce. La Justice est encore plus malade qu’elle ne l’était auparavant.

Certes,  le Conseil supérieur de la magistrature est mis en place, mais bien d’autres défis sont restés en l’état. Les justices de paix du pays sont en lambeaux. Les magistrats toujours corrompus, les prisons toujours surpeuplées, le personnel de l’administration pénitentiaire toujours sans statut. Le Garde des Sceaux dépité ne sait plus ce qu’il faut faire. Il y a quelques mois, Me Cheick Sako larmoyait : « Il n’existe aucun statut du personnel de l’administration pénitentiaire ni aucun régime des établissements pénitentiaires, d’où la nécessité d’en doter ces derniers pour assurer davantage le respect des droits des détenus en prenant en compte les spécificités liées aux personnes vulnérables : femmes, enfants et étrangers. »

Pour le ministre Sackho, le projet de Décret définit les établissements pénitentiaires et les classes en trois catégories :les maisons centrales ;les maisons d’arrêt et de correction ;les centres de rééducation et de réinsertion socioprofessionnelle des mineurs. Quelle sera donc la place pour les droits humains ? Réponse du Garde des Sceaux : « le projet intègre également la protection des droits humains découlant des dispositions du code de procédure pénale et des conventions internationales en punissant la détention arbitraire. »

En déclarant 2012 comme celle de la Justice, Alpha Condé avait fait croire que tout irait mieux dans le meilleur des mondes possible, comme dans Candide de Voltaire. C’est mal connaitre le président. La justice guinéenne est bien malade de ses hommes et de ses droits. Alpha Condé en est le bourreau.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

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