Réforme des Marchés publics : le pied dans le plat !

Malado Kaba veut mettre les petits plats dans les grands en soumettant récemment au Conseil des ministres l’examen de trois projets de texte relatif essentiellement au code des Marchés Publics. Il s’agit par exemple de la modification des seuils de passation, de contrôle et d’approbation des Marchés publics et délégations de service public.

 

Ce qui revient à dire que des décrets seront tout aussi modifiés. C’est le cas : Décrets D/2014/165 et 166/PRG/SGG du 22 Juillet 2014 portant missions, attributions, organisation et fonctionnement de la Direction Nationale des Marchés Publics et de l’Administration et Contrôle des Grands Projets et des Marchés Publics. Ce soucis, on se rappelle était exprimé par Guillaume Curtis, alors qu’il était encore aux commandes de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), une institution devenue aujourd’hui bien moribonde et sans perspectives avec l’arrivée par effraction en juin dernier, d’un certain Jonas Mukamba Diallo. Le désastre est patent et préjudiciable, selon les informations reçues des cadres et responsables de l’ARMP.

 

En modifiant ainsi les décrets, Malado Kaba entend harmoniser le trépied par la mise en place d’une commission composée de la DNMP, l’ACGPMP, l’ARMP et de deux ministères sectoriels pour élaborer un plan d’actions. Celui-ci vise, selon le porte-parole du gouvernement, à améliorer la performance dans la passation des Marchés en République de Guinée. Pour Malado Kaba,  « en dépit de cet environnement, la performance du processus de marchés publics est faible. Or cette performance est un facteur déterminant dans la capacité d’absorption des ressources à travers une mise en œuvre des projets dans des délais raisonnables. Une analyse récente du système national de passation des marchés publics en Guinée a proposé des pistes d’amélioration. Ainsi, les mesures décrites ici portent à la fois sur les marchés du BND que sur ceux financés sur FINEX (Financement extérieur, NDLR) ».

 

Selon une indiscrétion, ce projet du ministre des Finance a été d’abord mâché à l’ARMP, il y a environ plus d’un an, avant l’arrivée du bourreau actuel dont la mission est d’apporter un coup fatal à cette institution de régulation des marchés publics. La démarche de Guillaume Curtis (répertoire des prix, modification des missions et attribution de l’ACGPM et de la DNMP) avait séduit les bailleurs de fonds dont la BAD, l’Union européenne, etc. Des recommandations avaient été formulées à cet effet pour mieux positionner l’ARMP et la rendre plus performante. Les mêmes options ont été prises par les mêmes bailleurs pour exiger de l’Etat, après les audits explosifs. Au cours d’une séance de travail, on a même aperçu à la télévision nationale l’une des têtes pensantes du DG partant de l’ARMP, manifestement très soulagé pour avoir vu les recommandations émanant de l’ARMP prises en compte par les Finances mais aussi des bailleurs de fonds.

 

A la régulation des marchés publics, devenue une coquille vide, la direction actuelle entend réclamer la paternité de la réussite.  Dieu merci, tranche un cadre sans bureau et sans salaire, « les documents existent et on n’y avait travaillé assidûment et à des jours entiers. C’est notre œuvre ça. Personne ne peut revendiquer cette réussite plus que nous autres… » Jonas Mukamba Diallo le comprendra certainement à ses dépens.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.