Reformes du système éducatif: Le scandale d’un rapport qui fâche les fondateurs des Universités privées (Exclusif)

 Le bras de fer entre le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique, Yéro Baldé et les fondateurs des universités se poursuit en Guinée. Cette crise, née de la publication des résultats du recensement biométrique des étudiants, dont les chiffres annoncés par le département en charge de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique, sont contestés par les fondateurs des universités privées, suivi de la publication d’un rapport scandaleux de la commission de réflexion sur l’éducation nationale.

Ce rapport préliminaire qui fait déjà polémique, avant même d’être transmis au gouvernement, a été rejeté en bloc par les professionnels de l’éducation, qui déplorent de n’avoir pas été associé à son élaboration et qui contestent son contenu.

Sur la page 4 dudit rapport, dont Kababachir.com s’est procuré d’une copie, il est noté que l’Etat doit: « Procéder à l’extinction progressive des institutions privées, des formations des personnels de la santé, de l’éducation (professionnelle et supérieure) en raison du caractère public et régalien de la santé et de l’éducation des enfants. Les personnels de la santé et de l’éducation doivent être le monopole de l’Etat », précise-t-on.

Plus loin, le rapport indique qu’il y a lieu de : « réduire progressivement l’orientation des élèves bacheliers vers les universités privées pendant les 3 prochaines années ». Et de : « réexaminer l’octroi des bourses d’entretiens à tous les étudiants bacheliers inscrits dans les universités publiques ».

Une proposition rejetée par les fondateurs des Universités privées qui crient au scandale d’un système communiste, qui va tuer forcément le secteur privé en Guinée.

Selon Dr Ousmane Kaba, Fondateur de l’Université Koffi Anan de Guinée, qui s’est prêté aux questions de notre rédaction, au cours de l’année universitaire 2016-2017, sur les 36 mille bacheliers, seulement 5 mille ont été orientés dans les universités privées, et 31 mille dans les universités publiques. Une réduction qui risque de tuer l’éducation des jeunes dans notre pays, parce que, se justifie-il, les 31 000 orientés dans les universités publiques sont sacrifiés en ce sens qu’il n’ya pas de place, parce qu’il n’y a pas d’infrastructures, pas d’équipements et les quelques infrastructures existantes se trouvent aujourd’hui dans un état piteux, déplore-t-il .

Or, ajoute le parlementaire, le budget alloué à l’éducation au compte de l’exercice 2017, s’élève à 112 milliards de fracs guinéens. Sur ce montant, ajoute-t-il, seulement 34% revient aux universités privées contre 66% pour les universités publiques. Où vont ces montants ? S’interroge le député, qui crie au scandale de vols et des détournements des fonds publics entre des ‘’gros bonnets’’.

Parlant du budget de 2017, poursuit le parlementaire, l’éducation représente seulement 13% du budget national. Alors qu’au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Mali, ce chiffre varie entre 35% à 40% du budget national.  Cela va-t-il favoriser l’émergence d’un secteur privé dynamique qui contribue à la production nationale, à la lutte contre la pauvreté et à la promotion de l’emploi ? S’interroge le leader du PADES.

S’agissant des chiffres annoncés par le gouvernement sur le récemment biométrique des étudiants, le département de l’Enseignement supérieur fait état de 46.938  étudiants fictifs qui ont été dénichés par les agents recenseurs. ‘’Ce sont des milliards de francs guinéens que l’Etat jetait par la fenêtre’’, regrette de son côté le Chef du département de l’Enseignement Supérieur, Yéro Baldé.

Selon la version du département en charge de l’Enseignement supérieur, cette opération a couvert huit universités publiques et 32 institutions d’enseignement supérieur privées installées dans la zone de Conakry.

Au niveau du public, précise-t-on, pour un effectif annoncé de 33.534 étudiants, seulement 19.572 ont été recensés.  Soit un écart de 13.962 étudiants.

Pour les 32 institutions privées, sur 52.051 comme effectif annoncé par les responsables, l’effectif recensé est de 19.075 étudiants. Soit un écart de 31 mille quatre cent étudiants.

Des chiffres rejetés en bloc par les fondateurs des universités privées, qui dans un document du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, transmis à notre rédaction, reconnaissent seulement 25. 711 étudiants comme boursiers de l’Etat, suivant le contrat qui lie l’Etat guinéen aux universités privées. Une contradiction qui suscite des interrogations.

En attendant la transmission du rapport scandaleux au gouvernement pour examen et, éventuellement, sa validation ou pas, le bras de fer entre le gouvernement et les professionnels de l’éducation se poursuit en Guinée.

Affaire à suivre….

Abdoul Wahab Barry, Kababachir.com

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