Région forestière : la grande oubliée du régime ?

Faya Milimono se pose aujourd’hui en véritable défenseur de la région forestière où, selon son constat rien n’est fait pour assurer aux Guinéens du Sud des meilleures conditions de vie. Il refuse à ce qu’on lui colle à la peau : communautariste. Et il se défend bien d’ailleurs, évoquant sa position rigide lorsqu’une communauté avait été attaquée par un ancien ministre. Rien de plus normal donc de prendre faits et causes pour la Forêt.

Extrait : « Nous sentons toutes les souffrances que nos compatriotes ressentent un peu partout sur le territoire national. Mais on ne peut pas s’empêcher de constater qu’en région forestière, c’est encore pire. Imaginez que depuis l’indépendance, nous n’avons pas encore une Université dans toute la région forestière qui est la plus grande en termes de nombre de préfectures. Dans toutes les autres régions, vous avez des barrages hydroélectriques qui donnent de l’électricité à au moins deux ou trois villes. Vous ne pouvez pas m’indexer un seul village de la région forestière qui est éclairé par un simple barrage. Pourtant, il y a autant de potentiels hydro en forêt que partout ailleurs à travers le pays. Lorsque vous voyez même sur le plan éducatif, je travaille toujours sur des statistiques, c’est la région qui manque le plus de professeurs de mathématiques, de physique, de chimie. »

Ce n’est pas tout, Faya Milimono dénonce la complaisance avec laquelle les financements sont octroyés dans cette région. « Lors des fêtes tournantes de l’indépendance nationale, comparez un peu 62 milliards GNF pour N’Zérékoré à 240 milliards pour Mamou. Vous voyez clairement que le principe fondateur de toute République qui est l’égalité en droit et en devoir n’est pas respecté pour cette région. La souffrance est criarde et ici, on utilise la violence pour résoudre tous les problèmes qui se posent. La solidarité fait partir de notre devise, elle ne s’est jamais exprimée quand il s’agit de la région forestière. »

Quoi qu’il en soit, « Ce n’est pas du régionalisme en mettant l’accent sur cette situation, en disant que nous voulons plus de justice dans cette région et que les Guinéens soient traités égaux en droit et en devoir. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.