Relance de la croissance : les rêveries de Kassory…

Mamady Youla avait menti : « La situation des finances publiques s’est redressée grâce à une forte mobilisation des recettes intérieures et une réduction des dépenses publiques, qui a permis de réduire le déficit budgétaire.» Puis il s’est enfoncé : « Nous avons relancé la croissance. Et elle est la plus haute du continent ».

Son ministre du Budget d’alors, Mohamed Lamine Doumbouya était venu à la rescousse : « Il y a eu ce rebasage qui a fait que même notre PIB a été revalorisé. On était autour de 7, on est désormais autour de 9 à 10 milliards USD. Ce qui est une très bonne chose en termes d’investissement, sans compter les réformes que nous menons au niveau de nos finances publiques et qui nous amènent à être beaucoup plus sélectifs sur certains investissements. C’est-à-dire qu’on établit les priorités, et l’Etat accentue ses investissements sur ces priorités. Et on rationalise aussi les dépenses de fonctionnement. » Puis, ce fut le tour de Kassory, alors patron des PPP.

Y a-t-il une croissance de 7% qui pourrait aller jusqu’à 10% à l’horizon 2020, comme l’annonçait Ibrahima Kassory Fofana, le ministre en charge de l’investissement et de partenariat public et privé? Chérif Bah croit dure comme fer que ce sont des mauvaises projections. Il aura fallu les menaces exécutées par les syndicalistes pour que tous les indicateurs soient revus au rouge pour tenter peut-être de les endormir avec « des contraintes du FMI et de la Banque mondiale. » A sa prise de fonction en qualité de PM, Kassory promet, rêve et annonce : « Je le dis sans risque d’être démenti. Sur le plan économique, dans toute la région ouest-africaine, il n’y a qu’un seul pays qui dépasse aujourd’hui la Guinée en rythme de croissance économique. C’est la Côte d’ivoire. D’ici 2 ans, en termes de rythme de croissance économique, nous allons dépasser la Côte d’Ivoire. »

Les spécialistes comme Ousmane Kaba rient sous cap et crient au mensonge d’Etat. « Kassory est un économiste, il sait très bien que ça ne se fera pas. C’est plus une déclaration politique qu’économique. Pour rattraper la Cote d’Ivoire, on a du  chemin à parcourir : depuis qu’Alhassane Ouattara est venu, il a investi massivement d’abord dans l’Education où il a mis beaucoup d’argent. Il a investi massivement dans l’agriculture, dans l’industrialisation de son pays. La production agro-industrielle est très importante. Prenons l’anacarde, Alhassane Ouattara a commencé par aider les grands producteurs d’anacarde au Nord de la Côte d’Ivoire. Il a construit des routes partout et a incité des unités industrielles à venir s’installer. Ces unités agro-industrielles ont acheté les anacardes. Il s’arrange pour que l’agriculteur ait un revenu élevé. Voilà comment on tire la production d’un pays et une forte production qu’on va tirer dans le temps », explique le Dr Ousmane Kaba sur les ondes d’une radio locale. En faisant le parallèle entre les deux pays, Ousmane Kaba rappelle des chiffres qui sont loin de se rapprocher des rêveries et des mensonges de Don Kass.

Chérif Bah de l’UFDG est sur la même longueur d’onde que son pair du PADES : « Le ministre de l’agriculture n’a pas eu les moyens de faire des enquêtes agricoles. Il faut d’abord faire un échantillonnage, faire un échantillon, le traité, le chiffré et l’analyser. Il faut définir des bases, il faut envoyer des missions sur le terrain. Il faut montrer qu’on aménage des plaines, qui ont fait que  le rendement des paysans a augmenté. Il faut montrer que l’eau a été maitrisée, tout ceci est inexistant. »

S’agissant de l’importation du riz, il avance que « le riz importé est passé de 350 mille tonnes à 600 mille tonnes par an. Où est le progrès ? Des villages de la Guinée Forestière qui n’ont jamais connu de riz importé, aujourd’hui, achète du riz importé et consomme. Où est le progrès. Nous pensons qu’il n’y a pas de progrès en matière agricole et que le rapport sur lequel toutes les croissances là sont fondées est faux. Le gouvernement a trompé le FMI en donnant des faux chiffres. »

Attention, Don Kass, les cent jours, c’est pour bientôt !

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.