Reprise du recensement des patrimoines publics

Alpha Condé s’était-il essoufflé dans sa lutte sans merci pour la récupération du patrimoine national (domaines et bâtiments) ? C’est ce que croyaient bien des Guinéens, oubliant que la hargne était plutôt liée à la discréditation des opposants les plus en vue, au cours de la présidentielle dernière.

Mais, avec la tension patente et la vive levée de boucliers qui a suivi, Alpha Condé s’est ravisé. Jeudi dernier, il revient là-dessus tout en ordonnant « la reprise du processus de recensement et de récupération des terrains et bâtiments publics afin de faire face aux nombreuses demandes de locaux à usage administratifs. »

Albert Damantang Camara avait été mis à contribution pour narguer les leaders politiques et dénoncer ce qu’il appelle « des lobbies cachés qui œuvrent pour discréditer l’action du gouvernement. Parce que tout simplement ils savent que si l’action va jusqu’au bout ils seront forcément touchés. » La récupération a tourné court. Pourtant, « Dans le cas du patrimoine public cédé à un tiers ou à soi-même par des personnes physiques et des fonctionnaires en service au sein de l’administration ou du Gouvernement en violation de la déontologie et de l’éthique, cet acte de cession doit être annulé. Les personnes concernées seront  remboursées des montants payés lors de la transaction. Dans le cas du patrimoine immobilier bradé à des personnes physiques et aux sociétés privées, les contrats de cession ou de bail devront être examinés à des fins d’examen ou réévaluation financière. Une commission ad hoc sera mise en place pour l’examen diligent des dossiers en cause. »

Le résultat est toujours attendu, plus de deux ans après. On aura compris que c’était juste une autre façon d’éliminer de la course certains  leaders politiques, en les estampillant ‘’bradeurs des patrimoines publics’’ synonyme d’exclusion. Des longues années après, Alpha Condé dépoussière le dossier. On attend de nouvelles réactions. Pour les deux anciens PM, chacun a tenté de brandir ses documents d’acquisition. Quitte à convaincre l’Agent judicaire de l’Etat. C’est donc un nouveau front qui s’ouvre.

Jeanne FOFANA, Kababachir.com

 

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