Réseau routier : vers la mise en œuvre d’un programme d’urgence d’entretien

La mise en œuvre du programme d’urgence d’entretien du réseau routier est actuellement une préoccupation majeure du gouvernement, tant les routes nationales, urbaines et inter urbaines sont en dégradation poussée.

Pourtant, selon la ministre des TP, Oumou Camara, « Le niveau de recettes du FER en 2015, 186,8 milliards de GNF ne couvrent pas les besoins estimés à 419,8 milliards de GNF. La redevance d’entretien routier est la principale ressource affectée au FER ; les autres ressources telles que la vignette, le pesage/péage et les revenus des bacs ne sont pas encore effectives. » Ce n’est pas tout, « La redevance d’entretien routier qui devrait être de 750 GNF aujourd’hui est toujours à 250 GNF, nettement en deçà de la moyenne dans d’autres pays de la sous-région. »

Quoiqu’il en soit, la Ministre a développé la stratégie de mise en œuvre du programme d’urgence d’entretien routier qui s’articule autour des activités suivantes :augmentation de la redevance d’entretien routier de 250 FG à au moins 500 FG ;diversification des sources de financement du FER : subvention de l’Etat, le reversement des recettes des bacs, la participation des collectivités locales dans le financement des routes ;application intégrale du règlement 14 de l’UEMOA, Ghana et Guinée et de l’Acte Additionnel de la CEDEAO notamment au niveau du Port Autonome de Conakry, des plateformes générant plus de 200.000 tonnes de fer par an ;mise en place d’une régie avec l’implication des collectivités locales et les services déconcentrés ;lancement des activités du Centre d’Appui et de Suivi des Entreprises Routières ;mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation de la mise en œuvre du programme.

Oumou Camara s’exprimait ainsi au cours du conseil des ministres du jeudi dernier, à Conakry. Une occasion pour elle de faire un plaidoyer, notamment le réaménagement budgétaire et/ou mise à disposition des lignes des garanties bancaires non utilisées en 2016 pour un montant de 500 milliards de GNF ; libération des lignes budgétaires du Ministre des TP qui s’élèvent à plus de 177 milliards GNF, etc. Il ne reste plus qu’à se préoccuper de la capacité technique, matérielle et financière des entreprises contractantes pour le respect des normes et délais de réalisation des travaux. Une autre façon de respecter le Code des marchés publics.

De toute évidence, les TP constituent l’une des plus grosses plaies financières de l’Etat mais dont les traces sont loin d’être visibles. Corruption et copinage accompagnent la passation des marchés. C’est connu et c’est érigé en devise.

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

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