Rester en Guinée : l’obsession (à quitte ou double) de Condé !

A quitte ou double ! La formule sied bien actuellement pour Alpha Condé. A travers elle on lui miroite s’il risque tous ses honneurs pâlis sur une autre épreuve, celle d’aller finir ses vieux jours chez Sassou, Macron, Etienne, Macky ou chez Ouattara pour les doubler ou s’il abandonne le jeu en demeurant au pays et faire face à la justice. L’équation face à laquelle Alpha Condé est inspire beaucoup plus de méfiance que de réjouissance.

Le CNRD par un communiqué a tout d’abord tranché dans le vif. Juste pour mettre au pas – peut-être faciliter la tâche au conglomérat de racailles ouest africaines – la CEDEAO, puis rassurer les combattants de la démocratie ainsi que les nombreuses victimes des dérives du pouvoir défunt, puis pour casser définitivement le moral du RPG, avant d’inquiéter les faiseurs du 3è mandat : « Alpha Condé est et demeurera en Guinée », rapporte le communiqué du CNRD. En effet, ajoute le communiqué, « Contrairement à des prétendues rumeurs qui font état à des négociations entre le CNRD et la CEDEAO relatives à une éventuelle sortie hors du territoire de l’ancien président de la République, le CNRD et son président le colonel MamadyDoumbouya tiennent à rassurer l’opinion nationale et internationale que l’ancien président de la République, Pr Alpha Condé est et demeurera en Guinée.Nous ne céderons à aucune pression. Il bénéficiera d’un traitement humain digne de son rang dans son pays », rapporte le communiqué numéro 28 du CNRD.Par ce communiqué, le CNRD semble avoir pris la mesure largement partagée par l’opinion nationale et internationale en ce qui est de la défense des droits de l’homme, le respect des principes démocratiques. Déjà, depuis la folle rumeur faisant état d’une éventuelle libérationd’Alpha Condé, des voix se sont élevées pour crier aux manœuvres.

Leaders politiques, militants des droits de l’homme, avocats du FNDC, tous veulent que le président déchu soit maintenu en Guinée, à cause notamment de sa forte capacité de nuisance, à travers ses tuyaux sordides. Pour sa part, Lansana Kouyaté se veut prudent : « Il appartient au CNRD de prendre cette décision. On met en place des institutions judiciaires pour pouvoir juger qui est en faute. »

De son côté, Sorel Keita déclare : « Nous pensons aussi que pour l’instant il ne doit pas être libéré. Et vous savez pourquoi ? Pour l’instant, il est encore dans la blessure d’égo. Il est encore dans la colère. Il est encore dans la revanche, dans la vengeance. Or, un homme blessé est extrêmement dangereux. Et puis, il a beaucoup d’argent. Il a beaucoup d’amis, et des amis influents. Voilà les raisons pour lesquelles nous ne sommes pas favorables à ce qu’il sorte pour l’instant. Dans sa tête, il est président. Donc, s’il a l’occasion de reprendre le pouvoir, il le fera. Et cela à n’importe quel prix. Pourquoi je dis à n’importe quel prix, c’est le sang versé. C’est la mort. »

Pourtant, à y voir de près les multiples manœuvres et manipulations font légion, afin d’interner le despote déchu en Guinée. L’option semble contenter le président-arrogant dégommé. C’est le moindre mal à ses yeux, par rapport aux biens mal acquis dont la France pourrait bien déterrer, à travers son fils MAC (Mohamed Alpha Condé). Déjà, son propre fils, Mohamed Alpha Condé qui possède la double nationalité guinéenne et française, et officiait jusque-là comme « chargé de mission » au sein de la Présidence, est l’objet d’accusations d’infractions financières, au premier rang desquels des abus de biens sociaux et des détournements de fonds publics. Ces soupçons ont poussé le parquet financier à diligenter une enquête préliminaire depuis des mois. Selon Le Parisien, les enquêteurs spécialisés cherchent à savoir si Mohamed Alpha Condé a bénéficié, en France, de prestations de luxe (logement, transports, versement d’argent présumé…) payées par des entreprises françaises qui ont des intérêts dans l’industrie minière guinéenne.

Au centre des interrogations, la jouissance d’un vaste appartement du XVIIe arrondissement de Paris, ainsi que l’emploi régulier, pour plusieurs dizaines de milliers d’euros, de compagnies de limousines de luxe pour ses déplacements dans la capitale. « En payant le fils, on achète le père », conclut Grégory Mathieu, qui s’inquiète du niveau de corruption en Guinée-Conakry, ajoutant que le pays occupait en 2014 la 145e place sur 174 pays du classement de l’indice annuel de perception de la corruption, établit par l’ONG Transparency International.

De l’autre côté, la situation sociopolitique des deux Congo est loin de rassurerAlpha Condé. Et Dakar, chez le frère ennemi ? Cette capitale ouest africaine renvoie la fin triste de l’autre autocrate Tchadien Hussein Habré. Les mains ouvertes d’Embalo ? La pire des solutions, tranche Alpha Condé, le panafricaniste dévoyé. Après avoir donc scruté tous ces pays d’accueil, Alpha Condé semble jeter son dévolu sur la Guinée. Sa fausse rigidité n’a donc rien à voir à un quelconque entêtement. Même si, les manipulations de JA ajoutent du croustillant ces jeux de dupes.

De toute évidence, rester aussi en Guinée, en train de narguer, à travers des proches, les victimes fait d’Alpha Condé un président déchu très vulnérable, à qui le peuple pourrait infliger à tout moment, une seconde, voire 3è humiliation : revenir devant les juges pour s’expliquer, sur de nombreuses charges (crimes de sang, crimes économiques) qui pèsent contre lui, durant les dix dernières années de sa gestion.  Qu’on ne se trompe pas alors, car, la bête politique, blessée, échaudée n’est pas totalement maitrisée. La fausse obsession (pour autant à quitte ou double) de Condé reste somme toute intrigante.

En tout cas, lui-même a toujours déclaré : «L’argent de la Guinée doit servir au peuple guinéen. Tous ceux qui ont pris l’argent du peuple vont devoir le restituer. On a pillé ce pays qui est extrêmement riche». Refusant d’être dans le fétichisme des chiffres et des taux de croissance souvent publiés par le FMI et la Banque mondiale, Alpha Condé soutient: «C’est bien beau de parler du taux de croissance de 6 %». «Mais, ajoute-t-il, ça ne vaut rien dire. Ce qui nous intéresse, c’est le panier de la ménagère. Nous travaillons pour ça. Je suis élu par des analphabètes. »

Mais, ceci est une autre histoire !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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