Retour du calvaire dans la délivrance de la carte nationale d’identité

Après plus d’un an de suspension, les autorités guinéennes ont repris la délivrance de la carte nationale d’identité dans les commissariats à travers le pays au mois d’avril 2016. Mais voilà que depuis quelques semaines, les citoyens sont confrontés à une nouvelle pénurie de la précieuse pièce. Dans les postes de police où la conception se fait habituellement, c’est le calvaire absolu.

Officiellement, le demandeur doit verser la somme de 15 000 francs guinéens au titre du frais de traitement de son dossier et être mini de son certificat de résidence, de la photocopie de son extrait de naissance, entre autres. Mais d’après nos informations, un système de raquette et de surfacturation est bien établi dont les uniques bénéficiaires sont des cadres de la police.

Au commissariat de Matoto, dans la banlieue sud de la capitale guinéenne par exemple, pour se faire une nouvelle carte nationale d’identité, la facture peut atteindre les 100 000 francs. Ici, le délai d’attente varie en fonction de la générosité du demandeur. Un citoyen qui s’est confié à Kabanews assure avoir payé, en plus des frais liés à son certificat de résidence  (vendu entre 5 000 et 20 000 francs, selon l’humeur des chefs de quartier, NDLR), plus de 90 000 au policier qui a traité sa demande.

Au commissariat de Ratoma de l’autre côté de la ville, la situation est presque similaire. Là aussi, si l’on se limite au versement de la somme fixée et la fourniture des documents permettant de prouver la détention de la nationalité guinéenne par la personne qui fait la demande, le délai d’attente est de plusieurs semaines, voire plus d’un mois. Conséquence, la corruption y est appliquée comme partout ailleurs. Les arguments ne manquent pas pour justifier le retard chez ceux qui refusent de payer plus : « Le commissaire signataire n’est pas là, on a un problème de timbre, etc. », assure-t-on.

À Labé (Moyenne-Guinée), à plus de 450 kilomètres de Conakry, c’est la « pénurie » et la raquette organisée. Selon le site régional Foutanews.Info, le calvaire qui dure depuis plusieurs semaines touche de nombreux citoyens de la capitale du Fouta Djallon. Les témoignages recueillis par notre confrère parlent de surfacturation de la part des agents du service de délivrance, en l’occurrence le commissariat central de la ville. Ces derniers justifient la rareté du document d’identification par « une petite rupture ».

Thierno Diallo, Kababachir.com

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