RETRAIT DE RIO TINTO DE SIMANDOU : La gêne du gouvernement

Avec la sortie, ce mardi, du porte-parole du gouvernement, il est clairement apparu que les autorités guinéennes sont particulièrement mal à l’aise avec l’annonce par Jean-Sébastien Jacques, le nouveau patron de Rio Tinto, du retrait de sa société du projet de Simandou sud. En effet, en abordant le sujet, Albert Damantang Camara, connu pour son éloquence, a manifesté des signes d’un certain inconfort. A sa décharge, il faut admettre que ce n’est pas évident de communiquer au nom d’un gouvernement qui refuse de voir la réalité en face.

Alors qu’il avait évoqué tous les autres sujets avec une relative aisance, arrivé à la question relative au retrait de Rio Tinto, il a commencé par se défausser en alléguant qu’il n’est pas ministre des mines (qu’il n’était pas besoin de préciser outre mesure). Ensuite, évoquant plutôt sommairement la déclaration de Rio Tinto, il l’a vite résumé ainsi : « Rio Tinto a parlé  d’une intention, a fait une analyse  de la situation ».

Par contre, commentant le communiqué-réponse de son homologue des mines, il s’est montré plus disert, avec des nuances pleines de sous-entendus en formes de menaces : « Le ministre des mines a répondu en disant pour la Guinée, le projet continue  tel qu’il était et Rio Tinto doit respecter les engagements auxquels elle a souscrits. Regardez la déclaration du   nouveau directeur général  de Rio Tinto, à aucun moment il dit que Rio Tinto s’en va. Donc,  il faut prendre ces  informations avec beaucoup de précautions, beaucoup de responsabilité. En ce qui concerne la Guinée  et jusqu’à preuve  de contraire, nous sommes les partenaires de Rio Tinto. Le ministre des mines a fait un communiqué très clair en ce sens,  le projet n’est pas abandonné en tant que tel. Il y a eu des déclarations qui vont être assumées par les uns et par les autres. »

Si le ministre est aussi gêné, c’est parce qu’il n’est pas du tout facile d’admettre l’échec d’un aussi grand projet. Il faut rappeler qu’il s’agit d’un projet dont les investissements potentiels étaient estimés à 20 milliards de dollars, avec des milliers d’emplois et dont les bénéfices indirects auraient impulsé le processus de développement socioéconomique du pays. C’était un projet-phare des autorités guinéennes. Au moment où on agite le spectre d’un troisième, ce n’est certainement la meilleure nouvelle qu’aurait espéré le président Alpha Condé. Et c’est ce qui explique qu’on s’obstine à ne pas admettre la dure réalité.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.