Rétropédalage: Ramatoulaye se rebelle-t-elle contre l’ufdg?

« Il est simplement inacceptable que l’UFDG s’attribue 20 sur 23 postes à Dalaba et 21 postes sur 27 à Pita ! J’ai été verbalement abusée et physiquement menacée par les responsables de l’UFDG. Quelle République nous voulons donc construire ? »

Ramatoulaye Bah, commissaire de la CENI sous le manteau UFDG a certainement vite oublié les affres subies avec Alpha Condé, lorsqu’elle a eu un court passage dans le gouvernement de celui-ci. Aveuglée certainement par l’argent, manipulée par un certain Bakary Fofana et lassée par l’UFDG dont les griefs ces derniers temps ne semblent pas trop honorer l’ex-ministre des PME. Comment cette femme est-elle arrivée à la Ceni ? Chambas a pesé sur la décision. En effet, à peine arrivé à Conakry pour évaluer entre autres les accords d’août entre pouvoir et opposition, Mohamed Ibn Chambas semble avoir réussi à forcer la main à Alpha Condé pour que celui-ci confirme par décret, Ramatoulaye Bah à la CENI, en qualité de commissaire, au même titre que hadja Saran Kandé choisi par l’UFR. L’opposition avait déjà montré ses dents quant au refus du pouvoir à respecter les accords signés.

Avec la confirmation de l’ex-ministre Ramatoulaye Bah, désignée par le PGRP de Silla Bah, ex-allié du RPG devenu allié de l’UFDG Alpha Condé veut montrer sa bonne foi. Il reste pourtant fort à faire pour arrondir les différends entre opposition et mouvance.

Auparavant, le porte-parole de l’opposition déclarait : « Pour ce qui est de la CENI, vous avez été témoins du refus de la mouvance sur le choix de Mme Hadja Ramatoulaye Bah pour des raisons fallacieuses. Car cette dernière a un casier judiciaire vierge et remplit les compétences qu’il faut. Normalement chaque entité est libre de désigner la personne qu’elle veut pour aller à la CENI. La mouvance et le pouvoir ne veulent pas appliquer cet accord. L’objectif est d’amener l’opposition à se retirer du processus électoral. A partir d’aujourd’hui, nous allons lancer un appel à tous les candidats pour prendre la décision qui sied face à cette situation. »

Cette réaction a dû interpeller Ibn Chambas afin d’influer sur la décision d’Alpha Condé. Il y a bien peu, l’ex-ministre des PME, venue aux affaires, à cause de l’alliance que le partie de son époux, Sillah Bah avait signée avec le RPG, n’a toujours pas consommé son départ du gouvernement de Said Fofana. Elle l’a fait savoir sur les antennes d’une radio locale.

Trois ans de pénitence dans le gouvernement de Condé. Trois ans d’insultes sur les ondes, de guerre larvée entre elle son collègue inférieur, Abraham Bouré, un autre allé du RPG. Trois ans sans réussir à faire passer un choix, une signature. Ramatoulaye, alors ministre des PME ne pouvait être que sur un fauteuil éjectable. Mais elle a tenu à s’accrocher au poste, malgré la difficile cohabitation. Son époux Sila Bah, président du PGRP était aussi un allié du RPG, mais il a fini par tomber dans l’opposition. Ce choix semble avoir précipité le limogeage de sa douce moitié.

Le leader politique le justifie : « Tout ce que je peux dire, on n’a jamais donné à ma femme les moyens d’exécuter les responsabilités qu’on lui a confiées. Elle a demandé du personnel, elle n’en a jamais obtenu. Il a débarrassé de ma femme parce que j’ai rejoint l’opposition. On disait qu’elle est très compétente, tout le monde le disait. (…) Pour revenir sur le limogeage de mon épouse, un jour, juste avant les législatives, je me suis exprimé, j’ai déclaré officiellement que j’ai rejoint l’opposition. J’ai dit que je n’accepte pas du tout les dérapages du gouvernement actuel. Aussitôt que j’ai fait cette déclaration, un Rpgiste influent est venu rétorquer à la radio pour dire qu’il faudrait que le RPG foute au dehors du gouvernement mon épouse parce que j’ai rejoint l’opposition. »

Cette dame a fait 30 ans au service du gouvernement américain où elle a servi les pays africains mais Alpha Condé a refusé de lui autoriser à engager un attaché de cabinet. Même une secrétaire. « Il l’a complètement asphyxiée », se plaint Sila Bah voyant dans la cohabitation et le couple Bah une volonté réelle de se débarrasser d’un obstacle.   Aujourd’hui à la Ceni au compte de l’opposition, Ramatoulaye ne semble point abdiquer… Pour qui jouerait-elle ?

Jeanne FOFANA, www.kababachir.com

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