Rio Tinto : ce manque à gagner que la mise «en veilleuse» du projet Simandou va entraîner

Dans une interview accordée au journal britannique The Times, le nouveau directeur général de Rio Tinto Jean-Sébastien Jacques a annoncé que le géant minier mettait «en veilleuse» (pour ne pas dire renoncer à) la concrétisation du projet Simandou. Une annonce qui a sonné comme un coup de poignard dans le dos des autorités de Conakry. Simandou, c'[était] un investissement de plusieurs milliards de dollars américains attendu.

Le président Alpha Condé en personne n’hésitait pas à vanter ce projet, partout et à chaque fois que l’occasion se présentait à lui. Malheureusement, les dernières nouvelles provenant de Rio Tinto ne sont pas bonnes. L’économie guinéenne en souffrira à cause de la non-réalisation de ce méga projet. Le produit intérieur brut (PIB) connaîtra un manque à gagner de plus de 5 milliards de dollars pour les prochaines années ou décennies.

Joint au téléphone, Mamadou Taran Diallo a énuméré ce que le projet Simandou aurait apporté à la Guinée s’il était développé. Sur les 20 milliards de dollars d’investissement, explique-t-il, 6 milliards étaient destinés à la mine et le reste du montant à la construction du chemin de fer et du port en eau profonde.

Ce projet devait enregistrer la production de 100 milliards de tonnes de minerai par an pendant 40 ans. Le PIB national devrait augmenter de 5,6 milliards de dollars, et l’on totaliserait environ 45 000 emplois créés.

Le géant minier a justifié sa décision par la baisse des prix et l’excès de production de minerai de fer sur le marché mondial. Selon son dirigeant, les cours mondiaux sont passés de 177 dollars la tonne mi 2011 à moins de 40 dollars fin 2015, avant de remonter légèrement au dessus de 50 dollars en 2016, rapporte l’agence Reuters. Ce qui ne permettrait pas de rentabiliser l’investissement que nécessite le projet.

Les autorités guinéennes, auxquelles les citoyens ont le droit de réclamer des comptes, sont sans doute tombées dans le piège tendu par la multinationale. Bien qu’il ait invité Rio Tinto dès l’annonce de sa décision à respecter son engagement, le ministère des Mines est conscient que sa marge de manœuvre est très réduite . Ainsi, c’est l’espoir de toute une nation qui tombe comme un château de cartes.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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