RPG : Et si Alpha Condé se trompait de diagnostic ?

Les décoctions dont il s’est jusqu’ici servi ayant fatalement échoué à guérir son parti agonisant, Alpha Condé s’emploie a essayé une nouvelle mixture. Pour cela, il a battu le rappel de quelques-uns des jeunes fonctionnaires recrutés dans le cadre du programme « rajeunir et féminiser l’administration ». On parle d’une cinquantaine sur le demi-millier de jeunes concernés. Il voudrait les employer au service de la communication du parti. Car on l’a convaincu que c’est là le problème. Mais il n’est pas sûr que le diagnostic soit le bon.

Tout d’abord, il faut faire la part des choses. Alpha Condé fait face à deux critiques acerbes. L’une qui lui vient de ses adversaires politiques qu’il est globalement capable d’affronter et d’annihiler. Face à cette première, il peut tout de même se faire aider par une équipe de communication faisant montre de plus de zèle. L’autre, face à laquelle il échoue lamentablement depuis qu’il a commencé son second mandat, c’est celle qui résulte de la fronde encore en cours au sein de son propre parti. Celle-là ne résulte pas d’un déficit de communication sur ses acquis. Elle est le fruit d’une crise aux origines structurelles.

Le problème qui mine le RPG-arc-en-ciel provient tout d’abord du greffage hypocrite et trompeur entre le parti originel et la nécessité de prendre en compte les dimensions nouvelles. Pour accéder au pouvoir, Alpha Condé avait réalisé qu’il faut ouvrir les vannes et laisser venir d’autres. Mais le pouvoir une fois acquis, il ne s’est point employé à officialiser à intégrer les nouveaux venus via la mise en place de structures solides et autonomes. Il s’est contenté d’un saupoudrage superficiel se limitant au partage du pouvoir. Or, dans ce partage, les combattants originels ou leurs ayants droit sont oubliés au profit de crieurs publics occupant désormais le devant de la scène.

Par ailleurs, au sein du parti, les esprits ont évolué et de cette évolution, se révèle une certaine contradiction générationnelle. Incarnant la vieille garde, Alpha Condé perçoit la gestion du pouvoir sous sa dimension rigide. De son point de vue, non seulement le chef est incontesté et incontestable, mais aussi il lui est loisible de faire ce que bon lui semble. Ainsi, caresse le rêve d’un troisième mandat. En face, une nouvelle génération plus scolarisée que celle des combattants de première heure, conçoit la critique et les contestations comme faisant partie de la gestion nécessairement démocratique du pouvoir. Fascinée par les révolutions dans le monde arabe et ayant applaudi la révolution burkinabé, cette nouvelle génération refuse que le président Alpha Condé confisque le pouvoir.

Devant une telle situation, la communication n’est pas le remède. Car il s’agit d’un bras de fer qui ne peut s’achever que par la victoire d’un des camps. Mais en adepte des faux-fuyants, le chef de l’Etat donne du crédit à ceux qui pointent le déficit de communication. Même si dans son for intérieur, il a conscience que le problème est ailleurs.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.