RPG-ARC-EN-CIEL : L’inévitable désintégration

Le président Alpha Condé est si poisseux qu’il se révèle de plus en plus incapable de réussir l’objectif qu’il s’est toujours fixé vis-à-vis de son propre parti. En effet, le président de la République a toujours dit à qui veut l’entendre qu’il ferait en sorte que le RPG, se démarquant des défunts PDG et PUP, lui survive, à l’image de l’ANC avec Nelson Mandela. Mais au vu du climat qui règne au sein du parti présidentiel depuis les fameux propos du chef de l’Etat du 28 mai, le RPG est parti pour voler en éclats avant même le départ de son géniteur. Tant la délation, les règlements de compte, la suspicion et la méfiance menacent les fondements du parti.
Plus que les propos du président Alpha Condé contre les cadres malinkés, c’est la tentative de rectification qui fait plus de mal au RPG-arc-en-ciel. En effet, cette campagne de communication n’étant pas coordonnée et des frustrations émergeant à l’occasion, le navire se fissure de tous les côtés. En fait, tout est parti de la stratégie qui a consisté à légitimer le discours du président Alpha Condé et de la volonté de le justifier en incriminant quelques cadres du parti. Ainsi, dès le lundi qui a suivi les propos, Sanoussy Bantama Sow, en sapeur-pompier, s’était empressé de dénoncer nommément Dr. Sekou Goureissy Condé, feu Mouloukou Souleymane Kaba, Sidi Cissoko, comme l’incarnation des cadres malinkés dont la traîtrise aurait été dénoncée par le président Alpha Condé.
Puis, quand Dr. Ousmane Kaba, Sekou Savané et Mamadou Diawara ont publié leur lettre ouverte, M’Bany Sangaré et Taliby Dabo ont conjointement estimé que s’ils se sont sentis ainsi visés, c’est parce qu’ils auraient justement été traitres à la cause historique du parti. Or, pour ce qui est en particulier du député Sékou Savané, insinuer qu’il aurait trahi le RPG relèverait en soi d’une flagrante ingratitude. Car l’homme aurait tout subi à cause de sa constante fidélité au président Alpha Condé.
Enfin, hier sur les ondes d’une radio privée de la capitale guinéenne, c’est Dr. Koumandjan Keïta qui s’en prenait à d’autres cadres malinkés qui, selon lui, symboliseraient les cadres dénoncés par Alpha Condé. Il cite nommément Mohamed Diané, l’actuel ministre de la défense. Il accuse ce dernier d’avoir empoché une rondelette somme de 300 millions de GNF et de quelques motos qu’Alpha Condé lui aurait remis en 2003 à l’intention de jeunes du parti qui s’étaient dévoués par la distribution de sacs de riz que le leader du parti avait, à l’époque, importé pour ses partisans. Dr. Koumandjan Keïta s’en prend aussi à Dr. Ballo de la présidence de la République. C’est à lui que le chef de l’Etat aurait confié la gestion des cas sociaux se rapportant aux cadres et militants du RPG. Mais il ne s’en acquitterait.
A ce rythme, on se rend compte que le discours du chef de l’Etat révèle des divisions qui demeuraient sous-jacentes et qui éclatent désormais au grand jour. On imagine bien entendu que les accusations brandies contre les uns et les autres ne sont en réalité que des prétextes dont se servent des adversaires de circonstance pour les abattre. Et on peut parier sur la réplique au point où les empoignades internes pour emporter ce qui reste du parti.
Anna Diakité, www.kababachir.com
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