Saïd Fofana : entre patate chaude et mélange de genres

Il n’a même pas fait la passation de services avec le Médiateur sortant Facinet Touré, mais, au pas de course, il est confiné entre la patate chaude que constitue le SLECG en grève et un saint mélange de genres et de prérogatives.

Mohamed Saïd Fofana n’aura pas de répit, alors qu’il n’a même pas fini de prendre ses quartiers. Il consulte par-ci, tente de comprendre par-là, marche sur les platebandes des ministres de la Républiques – déjà lassés de la crise qui s’enlise mais qu’ils ont voulue de par leur mépris et leur amateurisme – préférant rester au frais. Le nouveau Médiateur de la République hérite de fait, d’une situation chaotique. Mais une situation que doit et doit d’ailleurs encore prendre en main le Premier ministre à qui revient la Constitution confère le dialogue social.

Ayant encore du jus, Saïd Fofana s’essaie, depuis le lendemain de sa nomination le 9 février dernier. Réputé pour sa sagesse, sa pondération, l’ex PM peu bavard est un homme qui ne parle pas au hasard. Il s’est vite retrouvé dans son environnement : les notabilités des quatre régions du pays, en vue d’une sortie de crise. Une crise à la fois politique et sociale. Si celle politique est latente, la crise sociale perturbe elle tout le système du pré universitaire. Said Fofana a réussi en attendant, à calmer les ardeurs de l’UGTG, l’autre centrale ayant déclenché une grève le lundi. Promesse ferme a été donnée à cette centrale. Le SLECG semble pourrir la vie du pouvoir de Conakry.

Rebelle, illégale, illégitime, etc. la tête de cette centrale dissidente n’en a cure. Il durcit le ton en récusant les ministres qui ne le reconnaissent pas. Et mieux, il rejette toute tenue d’un autre congrès du SLECG. Saïd Fofana est ballotté. Il a certes du jus, mais, ça ne pourra pas tenir longtemps. Du côté du gouvernement, on a préféré menacé les syndicalistes que de les appeler autour de la table. Soumah et les siens n’abdiquent pas. Le nouveau Médiateur de la République est attendu. Les premières sensations de la prise de contact sont aussi attendues. Bien malin qui saura de quel côté viendra l’épilogue de cette crise qui n’a que trop perdurer.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.