Salif Kébé de la CENI : à quoi peut-on s’attendre ?

« Nous avons des doutes quant à la sincérité de la CENI parce qu’elle s’était rendue complice de la volonté des autorités de ne pas aller aux élections. Est-ce que le changement du président va changer cette situation ? On attend de voir ! Mais déjà nous savions que depuis un moment, même pendant l’administration provisoire de Monsieur Aziz Camara, il y avait des frémissements sur la préparation de ce chronogramme. »

Dalein Diallo est loin d’être rassuré du changement opéré à la tête de la CENI. En attendant, Salifou Kébé, lui savoure son arrivée en lieu et place de Bakary Fofana. On avait estimé que le rêve de Kébé avait tourné court avec l’arrêt inattendu de la Cour constitutionnelle, mettant ainsi fin à de fous espoirs nourris au soir même de la décision des commissaires frondeurs contre Bakary Fofana. Sa brève désillusion a vite cédé à la joie. Son temps est arrivé pour plonger dans la mangeoire queconstitue depuis environ dix ans, cette CENI de la controverse, par qui bien des malheurs sont arrivés aux Guinéens (morts d’hommes sur le macadam, pillage de domiciles privés, vandalisme sur des boutiques et magasins, etc.).

Salifou Kéb émet fin de fait au très court magistère d’Aziz Camara. Ce syndicaliste dans l’âme dit déjà de n’avoir jamais « milité dans la politique ! Je suis resté dans le mouvement syndical. Je me dis que je me sens mieux dans la défense des intérêts des travailleurs, la défense des sans voix. Honnêtement, je me dis tout le temps que je me sens à l’aise réellement dans le mouvement syndical. Je n’ai jamais milité dans un parti politique. » C’est tant mieux donc, parce qu’il est écarté. Mais que peut-on vraiment s’attendre avec le retour de Kébé ? Cette question brûle bien des lèvres.

Certes, Salifou Kebé a été élu par la majorité écrasante de ses pairs commissaires à la présidence de la CENI le 04 juillet 2017, mais cette élection ne fait pas de lui le meilleur. Ce qui importe actuellement c’est l’organisation imminente des élections locales tant réclamées par les opposants. Sauf que le vaste champ de ruines laissé par Bakary risque de plonger davantage la CENI dans une crise plus grave. Le nouveau promu voudrait se confirmer. Or, toute la classe politique veut d’une CENI dépolitisée et peu budgétivore. Comme l’a déjà fait savoir  Aziz Camara, il est temps de « regrouper l’ensemble des commissaires de la CENI pour bâtir un chronogramme pour une consultation transparente des élections locales. »

Le chemin est loin….

 

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

 

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