Saloum Cissé du RPG : le frondeur qui interpelle Alpha !

Il fait partie des cadres du RPG qui ne cache à peine leur lassitude à l’endroit des agissements maladroits d’Alpha Condé. Saloum Cissé, comme c’est de lui qu’il s’agit est un frondeur qui interpelle le président du parti et celui de toute la Guinée : Alpha Condé.

Le député est sorti récemment pour trancher dans le vif certaines déclarations de Condé : «Je ne suis pas d’accord avec Alpha Condé quand il dit qu’il n’est pas élu par le Rpg arc-en-ciel. C’est le RPG qui l’a présenté aux élections et c’est ce parti avec ses alliés qui se sont battus pour qu’il soit élu. » Un peu de bémol quand même quant au respect des engagements constitutionnels auxquels souscrit l’homme de Sékoutouréya.

Pour Saloum, Alpha est has been mais il dit se battre « pour un troisième mandat pour le Rpg arc-en-ciel ». Ce qui veut dire que l’homme qui incarne cette formation politique est hors-course. Cette sortie de ce député RPG rappelle étrangement l’autre sortie tranchante. Il s’est opposé aux nominations à caractère tribaliste. « Je lance un appel à tous les administrateurs de ne prendre que des Guinéens tout court, sans aucune coloration ethnique ou régionaliste. » Le premier vice-président de l’Assemblée nationale Saloum Cissé intervenait ainsi sur les ondes d’une radio locale.

Cette déclaration vient à point nommé tant et si bien l’opposition et certains observateurs passent tout le temps à crier au tribalisme dans la nomination des cadres de l’administration publique. Aujourd’hui en Guinée, le tissu social est en effet tellement éprouvé qu’à chaque nomination opérée par Alpha Condé, on compte le nombre de ressortissants issus de telle et de telle région pour s’assurer que son parent est là, confirmé ou promu. Toutes les nominations ont un parfum tribaliste. Certains indexent des cadres tapis dans l’ombre qui tirent les ficèles et exacerbent le phénomène qui a commencé depuis un peu plus de cinq ans. Alpha est un tribaliste hors-pair, un affairiste sans modèle.

Ce qui est évident, la nomination si ce n’est pas basée sur des critères professionnels ne saurait apporter une plus-value à la gouvernance. Quitte à vouloir tourner en rond. Et rêver d’un slogan aussi creux que le changement : vouloir faire du neuf avec du vieux.

Jeanne FOFANA, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.