SEM Alexander Laskaris : un soutien inestimable pour Condé !

L’homme a une folle admiration pour le président guinéen. Cela, bien avant l’arrivée du politicien sur les rênes de la Guinée. Il lui apporte un soutien inespéré. L’ambassadeur américain à Conakry, Alexander Laskaris, a fait une confidence à un périodique américain à propos d’Alpha Condé: «Condé a un cercle beaucoup plus large de contacts et de conseillers au niveau mondial que n’importe quel autre chef d’Etat africain auquel j’ai eu à faire. » Cette déclaration aux yeux de certains, n’est pas grand-chose. En revanche, elle dénote un certain rapprochement entre les deux hommes. Grand acteur des accords de 3 juillet entre opposition et pouvoir, ce diplomate se mue aujourd’hui en homme qui brandit le bâton à l’endroit d’une opposition excédée.

 Selon l’ambassadeur des USA, « La Guinée a besoin d’un gouvernement qui réponde aux besoins de son peuple. Et, elle a besoin d’une opposition loyale qui le conteste constamment, offrant constamment une alternative. Ce débat doit être ici (l’Assemblée Nationale, NDLR) et non dans les rues.» Il faut le lui concéder. Seulement il semble vite oublier la pression qu’il a menée sur les uns et les autres afin de ramener les acteurs principaux autour de la table. La même pression devrait être menée pour l’application des accords qui en ont découlés : en finir depuis mars dernier avec tout ce est élections communales et communautaire, ainsi que l’indemnisation des victimes de la barbarie des forces de l’ordre et autres infiltrés à la solde d’extrémistes du RPG et assimilés. Cette déclaration de Lascaris intervient au moment même où l’opposition fait feu de tout bois afin que les accords de juillet soient respectés.

Il y a juste quelques jours, en effet, son homologue de la France Bertrand Cochery, disait dans une interview qu’il a accordée à des confrères. « Non, il n’y pas de retard, dans la mesure où l’accord ne comportait pas de dispositions spécifiques. Mais de toutes les façons, le plus important c’est que les choses soient faites dans l’ordre, correctement et, encore une fois, c’est de la compétence de l’Etat guinéen. Si les partenaires internationaux sont sollicités par le gouvernement pour aider, ils peuvent bien entendu étudier ces demandes du gouvernement », dira en substance Bertrand Cochery, avant d’ajouter que l’organisation des élections, c’est d’abord une affaire de compétence gouvernementale. Et d’ajouter : « S’il y a des réformes qui doivent être engagées, et si elles doivent donner lieu à des discussions, dans ce cas, c’est au parlement de les examiner. Mais encore, ne mettons pas les partenaires internationaux à une place qui n’est pas la leur. Ils n’ont pas à se substituer aux principaux acteurs que sont un gouvernement et les partis politiques. Sinon, on est dans une confusion des genres qui n’est profitable à personne. »

Il reste que l’opposition républicaine ne se laisse pas distraire. « Il ne sera pas question pour nous de croiser les bras et de s’assoir. Nous allons reprendre les manifestations pacifiques sur  les voies publiques. Nous n’allons pas laisser  les dérives du pouvoir s’instaurer dans ce pays, et laisser une fraude électorale s’organiser en Guinée », a prévenu le porte-parole de l’opposition en mars dernier. Comme quoi, les diplomates occidentaux, en l’occurrence, celui de la France et des USA jouent avec le feu, car, la non application des accords signés pourrait engendrer des dégâts que nul saura circonscrire. On tend donc vers une autre crise de confiance entre opposition et diplomates intermédiaires. Les uns cherchent des garanties, faute de les trouver avec le gouvernement, les autres cherchent à peser sur la balance pour influer sur la donne. Et vraisemblablement, les lâchés restent les leaders politiques.

Jeanne FOFANA, www.kababachir.com

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