Sénégal : Toumba Diakité refuse de se faire extrader vers la Guinée

Pour la première fois depuis son arrestation à Dakar après une cavale de 7 ans, Toumba Diakité a rencontré le procureur de la cour d’appel. Une audition au cours de laquelle l’ancien aide de camp a demandé de ne pas se faire extrader vers la Guinée où son témoignage est très attendu pour éclairer les circonstances des événements du 28 septembre 2009.

De quoi a-t-il peur ? Une semaine après l’arrestation du plus célèbre des « Bérets rouges », c’est la question qui fuse. Arrêté le 16 décembre à Dakar après une cavale de 7 ans, Toumba Diakité s’est opposé à son extradition vers la Guinée lors de son audition par le procureur général de la cour d’appel de Dakar. L’ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara n’a visiblement pas la volonté de se présenter au procès sur le massacre du « lundi sanglant » de Conakry.

Toumba veut rester à Dakar, la société civile veut qu’il soit extradé

Au micro de RFI, son avocat a indiqué que son client a demandé à pouvoir rester à Dakar où il se cachait après sa fuite de Bamako en 2010. « M. Diakité a expliqué un certain nombre de raisons qui font qu’aujourd’hui, il souhaite des autorités sénégalaises la possibilité de s’établir ici, en attendant que probablement les personnes avec qui il doit être jugé soient également arrêtées et représentées », a indiqué son avocat. Ce dernier indique qu’il demandera la mise en liberté provisoire de son client dans 21 jours si les autorités guinéennes n’introduisent pas une demande officielle d’extradition.

Pourtant, le témoignage d’Aboubacar Sidiki Diakité dit « Toumba », chef des « Bérets rouges » (unité d’élite de la garde présidentielle) à l’époque, s’avère crucial pour accélérer le procès sur le massacre. De l’avis de plusieurs acteurs de la société civile malienne, le témoignage de « Toumba » devrait permettre d’éclairer les circonstances qui ont conduit à ce lundi sanglant de Conakry mais aussi de situer les responsabilités notamment des donneurs d’ordre aux Bérets rouges qui ont ouvert le feu à balles réelles sur le peuple lors de la manifestation du 28 septembre 2009.

De quoi a peur Toumba en Guinée ?

Dès son arrestation, les autorités guinéennes ont pris attache avec leurs homologues sénégalaises pour l’installation d’une commission rogatoire qui devait faire venir des juges guinéens pour interroger Toumba Diakité dans sa cellule du Camp pénal à Dakar. Moins coûteuse, l’option d’une extradition n’a pas été officiellement été posée sur la table.

Mais au vu de la détermination de Cheick Sako, le ministre guinéen de la Justice qui avait promis d’ouvrir un procès en 2017 et de traduire tous les auteurs présumés devant la justice, la demande d’extradition ne devrait pas tarder à être introduite. Mais quelles sont les raisons qui poussent Toumba Diakité à se braquer sur son éventuel témoignage au procès ?

Officiellement, le Béret rouge ne s’est pas encore prononcé depuis son arrestation. Mais en remontant le fil des nombreuses interviews, une phrase confiée à Africaguinee.com semble apporter un début d’extradition. « […] Je n’accepterais pas que quelqu’un m’arrête et me remette à mes ennemis », avait-il indiqué. De quels ennemis parle-t-il ? Le mystère reste encore entier. Autre point à souligner, Toumba Diakité pourrait être poursuivi dans une autre affaire. En 2010, c’est également lui qui a tiré sur l’éphémère président de la Guinée, le putschiste Moussa Dadis Camara. Un acte pour lequel Toumba pourrait être poursuivi pour tentative d’assassinat.

http://afrique.latribune.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.