Sidya Touré sur le refus de restituer les corps : « On ne peut pas déshumaniser la vie politique à ce point »


Le leader de l’Union des Forces Républicaines (UFR) est très en colère contre la décision du gouvernement qui refuse de restituer les corps des 11 victimes des manifestations du 14 et 15 octobre dernier et dont l’enterrement était prévu mercredi 30 octobre.

Pour Sidya Touré, le refus du gouvernement de rendre les corps des victimes à leurs familles respectives, est un manque de respect aux guinéens. Et pourtant, ajoute l’ancien Premier ministre, « Les informations qu’on nous a adonnées, c’est qu’hier à 17 heures, tout était prêt, les corps étaient disponibles, il ne restait que les rapports d’autopsie à signer et que cela pouvait être fait à n’importe quel moment. Ce qui se passe aujourd’hui, relève de la décision politique pure »,regrette le Président de l’UFR .

Même si le ministre de la Santé, dit être  « respectueux de la personne humaine », justifie cette décision pour « que les rapports des autopsies réalisées contribueront à la manifestation de la vérité sur les causes réelles et les circonstances véritables de la survenance des décès et d’aider ainsi à l’identification des différentes responsabilités impliquées dans ces événements….», Sidya Touré, estime que c’est une décision inhumaine :

« On ne peut pas déshumaniser la vie politique guinéenne à ce point. Un enterrement chez nous, dans notre culture, c’est quelque chose de sacré. C’est notre dernière demeure à tous. Ces jeunes enfants ont été tués dans des conditions abominables, le fait de leur rendre hommage aujourd’hui, de les enterrer correctement, même si on est membre du gouvernement, on peut avoir un peu d’humanité et se dire qu’on ne peut pas faire certaines choses ».

Dans un communiqué, le FNDC, repousse sa marche funèbre, initialement programmé au 30 octobre et qualifie le communiqué du ministre de la Santé, d’un porte-à-faux- avec la procédure en vigueur, avant d’exiger du gouvernement de rendre les dépouilles mortelles à leurs familles respectives.  

Alfred Bangoura, www.kababachir.com

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