Succession 2020 : (re)prendre la Guinée où koro Alpha l’a laissée ?

Il avait dit qu’il allait prendre la Guinée où Sékou Touré l’avait laissée. C’est-à-dire, à partir du 26 mars 1984, avec tous les stigmates des 26 ans de long règne sans partage. Pourtant élu ‘’démocratiquement’’, pour ainsi coller aux emphases diplomatiques, Alpha Condé, c’est de lui qu’il s’agit, a vraiment manqué de repères. Mais aussi de modèle. Il s’est donc vite mis à l’étroit.

Il ne sait plus par où commencer. Comme c’est le cas de s’occuper des parkings de voitures d’occasion, devant en principe revenir à un Gouverneur de la ville de Conakry. Il a bien d’autres gros défis qui l’interpellent. Mais, par ignorance et souvent par maladresse, Alpha Condé fait tout et n’importe quoi. Même l’Etat qu’il a hérité peine à trouver ses marques. Il est mieux géré avant qu’aujourd’hui. Conséquence : il s’effiloche de semaine en semaine. Et pour justifier cette décadence littérale, le géniteur du changement qui ne change vraiment pas, trouve des boucs émissaires. Ceux-ci ont pour noms ‘’Anciens Premiers ministres qui ont mis le pays en coupes réglées’’.

Il oublie que c’est lui le Président de la République, c’est donc à lui de reprendre la Guinée où Sékou Touré l’a laissée. A l’époque, ces anciens Premiers ministres indexés n’étaient pas aux commandes. Plus de six ans, Alpha peine. Il patine. Mais, ne s’est pas oublié dans l’enrichissement illicite et les voyages intempestifs qui n’apportent rien au pays. Alpha a ouvert les fonds publics à ses proches, amis et coquins. Une racaille en somme qui pille tout. Même la morale. Pour masquer ce pillage systématique, elle se camoufle derrière le parti et opte pour la honteuse propagande.

Bien des Guinéens ont bien peur que l’actuel locataire de Sékhouréya ne s’en aille en abandonnant la Guinée muée sous son magister en un vaste champ de ruine fumante. Les vestiges trouvés – un pays, la Guinée – disparaitra au même titre que l’Etat qu’il n’a pas pu sauver, réhabiliter. Même le clairon de la mouvance (Damaro Camara) au sein du Parlement fait une lecture saine de la situation catastrophique. Pour lui, aujourd’hui, « Nous n’avons encore ni l’un, ni l’autre, c’est-à-dire, ni Etat, ni démocratie. » Conséquence, « Notre Etat peine à délivrer ses promesses. »

C’est autant dire que l’inquiétude plane. On plaint vraiment celui qui viendra hériter la coquille vide, après le passage d’Alpha, la bourrasque politique qu’il a laissée et le chaos qui couve sous les cendres. Ce successeur aura tout de même un atout : ce de n’être ni Mandela, ni Obama. Mais aussi de ne prendre la Guinée qu’à partir de 2010, date à laquelle un homme de droit est venu par effraction pour foutre en l’air toutes les valeurs républicaines y compris la Constitution, fondement d’un Etat.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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