Succession à Condé:Damaro, un défiant à surveiller !

Il vient de loin, de très loin : trois ans et quatre mois en prison, dont 23 mois aux «32 escaliers » du Camp Alpha Yaya Diallo, et le reste à la prison de Kindia. Damaro sera le seul à ne pas être exécuté et à voir sa peine commuée en prison à la perpétuité. En octobre 1988, rapporte JA, il sera finalement gracié par Lansana Conté, de retour d’une visite aux États-Unis lors de laquelle le président Bush-père avait plaidé pour la libération des prisonniers politiques.

Damaro a connu une réelle traversée de désert. Tant en Guinée que pendant son départ en 1999, pour les États-Unis. Pompiste, parqueteur avant d’entrer chez Toyota, au service administratif et financier, Damaro aura tout tenté. Mais, la solution à sa longue dèche se trouvait en partie avec Sékou Gouréissy Condé, à travers le parti Alliance pour le renouveau national (ARENA). Le créneau qui a permis à Damaro d’intégrer le CNT (Conseil national de transition). Il apprendra à ouvrir des débats, à les animer, à défendre des dossiers. Il y restera trois ans, puis il rallonge, en gardant de bonnes relations avec Kassory Fofana, à travers la GPT dont il fut d’ailleurs vice-président.

Aujourd’hui, Damaro est président de l’Assemblée nationale, il fait figure de dauphin constitutionnel et donc remplaçant direct d’Alpha Condé, en cas de décès ou d’indisponibilité constatées par le président de la Cour suprême. En vrai félin, Damaro tente de bien maitriser tous les leviers afin de s’assurer une certaine garantie, au regard de la vieillesse et de la maladie d’Alpha Condé. Au sein de l’Armée, il jouit d’une forte audience auprès des siens.

Sauf que, au sein du RPG, il risque rencontrer des obstacles. Il s’agit de Mohamed Diané qui a aussi des arrières bien garnies même au sein de l’armée dont il est le ministre. Damaro, est un réel défiant. A surveiller… En attendant, il essaie de ménager le chou et la chèvre et adoucie un peu ses discours politiques. Lentement, mais sûrement, il lorgne Sékhoutouréya. Le Parlement n’étant qu’une antichambre. Alpha Condé n’est ni dupe, ni borgne. Il le voit venir.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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