SURFACTURATIONS AU TP : Cellou Dalein avait donc raison

Depuis des mois, Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition guinéenne, s’évertue à convaincre les Guinéens que ce n’est pas Ebola qui a vidé les caisses de l’Etat et exposé ainsi les Guinéens à une crise économique des plus aiguës. Du côté du gouvernement, ces dénonciations ont souvent été assimilées à des allégations sans fondement dont la seule raison d’être serait la volonté du leader de l’UFDG de déstabiliser le pouvoir d’Alpha Condé. Et c’est donc avec un certain étonnement qu’un cadre du département des Travaux publics est venu confirmer ces malversations, en marge de l’AG du RPG-arc-en-ciel de ce 4 juin 2016. Tout un symbole !

Les révélations en question sont de Lansana Koïvogui, conseiller technique au ministère des Travaux publics. Parti au siège avec un dossier destiné à défendre le bilan du président Alpha Condé en matière d’infrastructures routières, il a tout de même eu l’honnêteté d’admettre les surfacturations dénoncées par Cellou Dalein Diallo. Mais comme tout bon cadre guinéen qui se soucie de défendre son petit poste, il présente la chose ainsi :

Certaines entreprises ont profité de la naïveté du président de la République pour s’enrichir. Vous connaissez ces entreprises. Mais des dispositions seront prises.

C’est donc la naïveté du chef de l’Etat qui est en cause. Voilà comment on ment. Au lieu d’appeler cela de la mauvaise gouvernance ou d’imputer la responsabilité aux manquements qu’il y a eu, voilà qu’on parle de la naïveté. Puis, Koïvogui prétend que son auditoire connaît les entreprises ayant profité de ces surfacturations. Mais comment peut-on les connaître alors qu’il n’y a pas eu d’enquête en la matière. Les faits de surfacturations n’ont même pas été formellement reconnus. Seuls les médias et des leaders politiques comme Cellou Dalein Diallo en ont parlé. Mais en réponse, l’Etat est resté silencieux. Enfin, on a bien envie de demander à quoi serviront « les dispositions qui seront prises » ? Dans cette formulation, on a en effet l’impression qu’elles sont destinées à barrer la route aux futurs fraudeurs. Autrement, pour ce qui est déjà, on le passe pour pertes et profits.

Et c’est ainsi qu’on prétend lutter contre la corruption. Pauvre de la Guinée !

Anna Diakité,www.kababachir.com

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