Sydia revient sur sa vraie fausse démission

« Il y a des gens dans mon parti qui ont suggéré cela (Démissionner du poste de Haut représentant du chef de l’Etat, NDLR). Je suis dans un parti libéral où les jeunes ont la parole et où les gens s’expriment librement. Je ne vais pas vous mentir qu’il y a un courant qui a fait la promotion de cette attitude cela a été discuté et il a été convenu que ce n’était pas le moment. Mais peut-être qu’il arrivera moment où le bureau politique s’attendra à ce que les choses se passent autrement. Moi, je me plierai à cette volonté-là. »

Ce long extrait est celui du président de l’UFR, intervenant, le jeudi dernier sur les ondes d’une radio locale. Sydia Touré venait ainsi apporter un éclaircissement sur ce qui se murmurait depuis de longues semaines. On se rappelle qu’un démenti avait été apporté. « Non, il n’a pas démissionné. Cela n’est pas envisagé. Nous avons appris la même rumeur comme vous par voie de presse, mais cela n’est pas envisagé chez nous », avait tranché un responsable de l’UFR. Avant d’ajouter : « Ce n’est pas Alpha Condé qui fait fonctionner l’UFR, c’est moi. Nous avons une relation politique. » Malmenée par les communales mais surtout abusée par le pouvoir, à travers un semblant de rapprochement qui s’apparente un peu à des alliances, l’UFR se voit berner. A telle enseigne que des jeunes du parti ont voulu marcher pour exiger les résultats des urnes et le départ de certains cadres du parti faute de résultat.

Sydia Touré ne se fait pas d’illusions : « Nous sommes en train d’évoluer sur un terrain nouveau. J’estime que notre parti a été agressé. Et nous ne pouvons pas nous asseoir les bras  croisés.  Nous sommes aujourd’hui en grand débat au sein de l’UFR. Nous sommes en train de  donner plus de pouvoirs à ces jeunes gens qui estiment que l’ancienne garde du parti est devenue trop calme. » En misant d’une façon subtile de s’éloigner  du parti au pouvoir, Sydia Touré est tenté par ces premières amours : l’opposition républicaine. Même s’il a encore des griefs : «  Il faudrait qu’on ait plus d’ouverture dans les positions. Mon problème avec l’opposition républicaine, c’est qu’il n’y avait pas de perspectives pour l’UFR à part le fait de suivre le mouvement avec l’UFDG. Cette position ne m’intéressait pas. S’il y a une ouverture nouvelle, nous sommes prêts pour permettre de faire une alternance dans les conditions que nous souhaitons. »

Pour rebondir donc, Sydia Touré a intérêt à bien négocier son départ et le faire autant au compte de sa possible nouvelle appartenance politique. Bien partie au lendemain des législatives, l’UFR devrait pouvoir percer avec les communales, encore plus que les législatives. C’est manifestement raté et elle reste encore et toujours un 3è éternel. Or, les législatives arrivent. La présidentielle aussi. C’est donc le moment de se reconstruire pour espérer rebondir.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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