Synergie du RPG: La deuxième grande forfaiture de la presse guinéenne

Pour la deuxième fois consécutive depuis le début de l’année 2016, la presse guinéenne s’est illustrée dans ce qu’il convient d’appeler « l’égarement professionnel ». Ce vendredi 15 juillet 2016, à la surprise générale les Guinéens ont dû écouter une même émission sur les ondes d’une vingtaine de radios privées. Une émission consacrée ni à des élections, comme on a l’habitude de vivre, ni à la lutte contre l’épidémie à virus Ebola. Elle traitait plutôt exclusivement  de la situation sociopolitique de la Guinée. Mais paradoxalement, tout était taillé sur mesure, tout, sans exception était en faveur du RPG-arc-en-ciel, le parti au pouvoir qui était le commanditaire.

Mais pire, même les auditeurs qui y ont participé sont sélectionnés à l’avance. Sans exception, aucune, ils ont tous magnifié le pouvoir. Cela est une grande première, d’autant que même les radios les plus proches de l’opposition ou du pouvoir n’ont jamais réussi à ne faire passer aux émissions interactives que des auditeurs acquis à la cause.

Est-ce pour ça que les combattants de la liberté s’étaient battus en réclamant la libéralisation des ondes en Guinée? Certains d’entre eux sont encore vivants. Ils pourront mieux répondre à cette question qui taraude actuellement plus d’un observateur. En attendant que ces derniers ne brisent le silence, il semble, aux yeux de certains que non. Le combat avait été mené plutôt pour permettre la pluralisme d’opinions dans le pays. L’acceptation de cette offre de la cellule de communication du RPG est suicidaire, anti-professionnel et parfaitement en porte-à-faux avec cette noble vision.

Mais, tout le monde sait que c’est la deuxième fois pour la presse guinéenne de se laisser manipuler, quand bien même, faut-il le reconnaître la première était abstraite. Au lendemain de l’assassinat du journaliste Mohamed Koula DIALLO, tout le monde a vu des hommes de médias marcher mains dans les mains avec des ministres de la République pour, prétend-on réclamer justice. Un des juristes les plus respectés de ce pays était monté au créneau pour condamner l’acte. Mais hélas! apparemment les leçons n’ont pas pu être tirées. C’est à juste titre que certains professionnels de médias ont qualifié cette journée de vendredi 15 juillet 2016 de « journée noire pour la presse guinéenne« . Donc il est temps que les journalistes de ce pays se ressaisissent.

Oumar Rafiou DIALLO, www.kababachir.com

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