La tenue du procès des massacres du 28 septembre « sera un grand honneur pour la Guinée »

Le ministre de la Justice Cheick Sacko a annoncé récemment que le procès des massacres du 28 septembre 2009 allait se tenir avant la fin de l’année en cours. Pour le président de l’Institution nationale indépendante de défense des droits de l’homme (INIDH), cette annonce est très salutaire. Mamadi Kaba estime que ce sera un grand honneur pour la Guinée. « Nous souhaitons qu’il y ait les moyens de relever ce défi très encombrant. Si le procès est tenu, ce sera un grand honneur pour toute la Guinée », a-t-il expliqué.

Le patron de l’INIDH attend principalement trois choses à l’issue du procès des événements tragiques qui ont souillé à jamais le bref passage de la junte militaire à la tête de la Guinée (décembre 2008 – décembre 2010). Premièrement, M. Kaba espère ce procès permettra de rétablir la confiance entre les populations et le système judiciaire guinéen. Ce qui est très important dans l’édification d’un État de droits.
Deuxièmement, il contribuera au renforcement de la sécurité et de la stabilité de l’État guinéen. Et troisièmement, enfin, le président de l’Institution nationale indépendante de défense des droits de l’homme espère que la tenue de ce procès sera une occasion pour faire éclater la vérité. « Il faut que ce soit un procès complet qui met tous les coupables devant leurs responsabilités », a-t-il conclu.
Plusieurs anciens membres du Conseil national pour la démocratique et le développement (CNDD) sont dans le viseur de la justice guinéenne. Interpellé le 16 décembre 2016 à Dakar par la police sénégalaise suite à un mandat d’arrêt international émis par Interpol, le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité « Toumba » — considéré comme le témoin voire l’acteur clé dans la répression sanglante de la manifestation contre l’éventuelle candidature du chef du CNDD, Moussa Dadis Camara, à la présidentielle de 2010 — a été remis aux autorités judiciaires guinéennes le 12 mars dernier.
Depuis son arrivée à Conakry, l’ex-chef de la garde rapprochée de l’ancien président du CNDD a été entendu à plusieurs reprises par le pool de juges en charge du dossier. Aboubacar Diakité  » Toumba » a été inculpé de plus de dix chefs d’accusations et écroué.
Au total, une quinzaine de personnes (militaires et civiles) ont été inculpées et placées sous contrôle judiciaire pour leurs responsabilités supposées dans la préparation et l’exécution des violences qui avaient coûté la vie à 157 personnes et fait 109 femmes et filles violées ainsi que des dizaines de disparus.
Thierno Diallo, Kababachir.com

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