Terrorisme en Afrique: la solidarité occidentale décampe, Condé plaide

«Les chefs d’Etat courent en France,  parce qu’il y a eu des journalistes qui sont morts là-bas.  Il  y a le comportement des dirigeants africains qui les dévalorise sur le marché des valeurs. Le président  Kadhafi a été tué dans son pays et pour justifier l’assassinat,  il y a les chefs d’Etat africains qui ont couru au claquement de doigts de M. Sarkozy », accusait le feu Jean-Marie Doré.

C’était au lendemain des attaques de Charlie Hebdo. Cette posture tranche dans le vif avec celle adoptée par la COEP de Boubacar Barry Big-up, l’alliance à la laquelle Doré était attaché. Cette position tranche également avec celle de l’opposition républicaine dont des émissaires avaient été reçus par l’Ambassadeur de France en Guinée pour des condoléances. Auparavant, Alpha Condé et des marcheurs sont allés témoigner à la France leur solidarité. Ce petit rappel permet en effet – loin de tout nationalisme – d’attirer l’attention des Africains, notamment les présidents que s’ils sont ‘’Charlie hebdo’’, les Occidentaux quant à eux, pensent d’abord à leurs citoyens.

Le cas le plus illustratif est celui du Burkina. Alpha Condé, par solidarité de citoyenneté et en sa qualité de président de l’UA a déclaré que : « Ce qui arrive (le terrorisme) non seulement cause des victimes, mais porte aussi atteinte à nos économies, parce qu’ils (les terroristes) attaquent surtout dans des endroits où il y a des expatriés afin d’avoir un grand écho. » Il a regretté par ailleurs que ces « amis aussi ont des réactions qui ne sont pas correctes. Parce que s’ils demandent à leurs citoyens de ne pas venir, ils enfoncent davantage l’économie. Quand il y a eu des attaques en France, on a été solidaire. On n’a jamais demandé à nos citoyens de ne pas aller. Il faut que nos amis comprennent que l’objectif des terroristes, c’est de non seulement porter atteinte à nos populations, mais de porter atteinte à nos économies. »

Grosse erreur de casting. Alpha Condé ne semble rien comprendre. Lui qui a dit par ailleurs de couper le cordon ombilical. Son plaidoyer ne sera jamais entendu du côté de l’Occident. Là-bas, c’est leurs citoyens d’abord. Il peut donc aller se promener !

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

 

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