Tougué : viabiliser les nombreux projets de développement…

Il est bien difficile de lister ce qui est réellement gai à Tougué. Une bourgade oubliée quasiment rayée de la carte du… développement. Depuis que cette vieille endormie a été maudite par les premiers occupants djalonkés qui la peuplaient mais qui ont fini par décamper, Tougué s’enfonce. Inexorablement, sans discontinuer. Des esprits malins et peu portés au progrès noircissent davantage le tableau. Les autres ressortissants et résidents ne savent plus à quelle Préfecture se vouer.

Depuis 1901, Tougué, la ville en lambeaux peine à trouver ses marques. Elle peine à vivre une réelle embellie. En cause : tous les projets de développement sont voués à l’échec. Comme si cela ne suffisait pas, les relations orageuses, voire mortelles liées à la gestion des collectivités font le reste entre fils du terroir. Retour sur ces nombreux projets qui dorment et qui interpellent aujourd’hui le préfet, natif de la localité, El hadj Abdourahmane Baldé ‘’Koyin-ville’’.

Tougué, c’est d’abord les ouvrages de franchissement qui piétinent: construction de l’axe Tougué-Téguéreya-Mamou ; bitumage de la fameuse route chaotique Labé-Tougué (85 Km) ; réhabilitation de la route Tougué-Koubia ; Tougué-Dinguiraye en passant par Kalinko jusqu’à la frontière malienne, Tougué-Dalaba (140 Km), etc. Tougué c’est ensuite l’énergie électrique avec le projet d’un démi siècle qui a pour nom, le barrage de Koukoutamba (281 Megawatts) dont le coût de réalisation était estimé il y a des décennies à 440 millions USD, selon des données officielles disponibles à la direction nationale de l’Energie mais des données qui ne répondent plus aux réalités.

Un réseau interconnecté de plus de 1000 km devrait relier la Guinée aux autres pays membres de l’OMVS (le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et la Guinée). Tougué c’est aussi l’aménagement agricole sur les vastes plaines du Koloun entre Kansagui et Koyin qui ont connu bien des études avec des investisseurs étrangers, mais toujours rien. Tougué c’est enfin le projet de bauxite Dabola-Tougué. Tous ces projets ont un dénominateur commun : tous ou presque datent des lendemains de l’indépendance de la Guinée. Un demi-siècle ! Rien n’est viable.

Cette situation somme toute dramatique tique le Préfet, après un an de gestion de la Préfecture de Tougué. El hadj Abdourahmane Baldé veut affronter les défis afin de mieux viabiliser les nombreux projets qui dorment. C’est ainsi que Tougué implore la grâce divine avec un sacrifice qui implique toute les dix collectivités (Koyin, Kollangui, Kansagui, Fatako, Konah, Kollet, Kouratongo, Fello Koundouwa, Tangaly et Tougué centre). Avec 101 têtes de vache, une lecture du saint Coran devrait être effectuée dans chacune de ces localités pour clôturer le tout à Tougué. Cette annonce a fait le tour des villages, à travers une lettre circulaire adressée aux ressortissants et résidents.

Pendant ce temps au niveau strictement interne, c’est l’autodestruction. L’exemple le plus illustratif c’est le transfert du marché central pour l’ancienne permanence, à un jet de pierre de la gare routière attend toujours d’être opérationnel. Des boutiques déjà construites depuis plus de dix ans sur ces nouveaux lieux sont dévoyées, détournées de leur mission première. En lieu et place, on y retrouve tout. Absolument tout y compris des nids de délinquants… séniles, à proximité de bistrots et autres ateliers de couture, de tapisserie, etc. qui cohabitent mal avec cet espace insalubre, au propre comme au figuré.

Des noms sont catalogués comme étant ceux-là mêmes qui ont mis le pied sur ce projet de transfert du marché central. Que Tougué fasse donc partie et depuis des lustres, des Préfectures les plus oubliées, attardées, etc. n’a rien d’aberrant. C’est en partie sous le fait de certains fils. A moins que, par magie, le déclic ne vienne de Koyin-ville !

Thierno Fodé Sow (Ressortissant de Tougué)

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.