Toumba Diakité arrêté : comédie et curieuse coïncidence!

C’est devenu le choux gras de toute la presse nationale et internationale : Toumba Diakité, le bourreau et l’aide de camp de Dadis Camara a été arrêté à Dakar et très prochainement il sera extradé à Conakry. Pourtant, c’est une comédie de mauvais aloi teintée d’une curieuse coïncidence avec l’ouverture annoncée en janvier 2017, du procès des coupables de carnage et de viols collectifs au stade du 28 septembre.

Déclarer aujourd’hui que Toumba était en cavale dans un quartier huppé à Dakar où, pour passer inaperçu a même changé d’identité – Aboubacar Diallo – relève d’une farce. Le gouvernement guinéen manquait de volonté. L’homme lui était déjà repéré depuis 2014. Selon des sources concordantes, les autorités judiciaires ainsi que le cercle restreint d’Alpha Condé savaient où trouver l’ex de camp de l’ancien chef de la junte.

Pour sa part, la presse burkinabé – « Aujourd’hui au Faso »- avait mis en Une le repérage de Toumba Diakité. L’ancien ministre de la communication auprès de la junte Idrissa Chérif sur qui d’ailleurs pèsent de nombreuses accusations liées aux mauvais conseils donnés à Dadis Camara avait lui-même déclaré que « Toumba Diakité est libre. Il vit à Dakar et se la coule douce. Toumba avait une mission. Je n’indexe personne. Il a accompli un acte salvateur pour les commanditaires de cette tentative.»

Depuis plus de deux ans donc si toute la machine judiciaire était mise en branle, Toumba sera à Conakry depuis. Surtout qu’il voulait des garanties de sécurité. Pour noyer le poisson, le Garde des Sceaux se prête au jeu.

Dans une interview accordée à nos confrères d’Africa Guinée, le ministre de la Justice note que : « La Guinée étant un Etat souverain qui a une police, une armée, et un Gouvernement légitime, s’il décide (Toumba Diakité, NDLR) de revenir on va assurer sa sécurité. » Et Me Cheick Sakho d’ajouter : « Si jamais il a peur pour sa sécurité, qu’il nous dise où il est, on enverra les juges l’interroger là où il est. » Et de s’engager : « En tant que Ministre de la justice, j’assurerais sa sécurité s’il vient en Guinée. Il peut nous dire par courrier, de façon très confidentielle, où il est, moi j’enverrais les juges pour l’interroger afin qu’il nous dise ce qu’il sait dans cette affaire, quelle est sa part de responsabilité sur ses malheureux évènements que le pays a connus. »

Comme le procès est projeté pour janvier, on opte pour la comédie pour occuper, tenir en haleine les Guinéens les plus crédules. Une façon de faire coïncider ce premier test de Cheick Sakho à l’arrestation, du reste rocambolesque de Toumba, étant entendu que ce béret rouge mordu des arts martiaux n’était pas caché, mais… protégé. Des révélations risquent de secouer ce second quinquennat absolument poussif, avec des ramifications multiples.

Jeanne FOFANA, www.kababachir.com

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