TPI Dixinn : 5 ans de prison requis contre Sanoh et ses co-accusés


Pendant que la dizaine des victimes de la répression policière des manifestations ne sont toujours pas enterrées, le procès des leaders du FNDC, à l’origine du mouvement de protestation, se poursuit au tribunal de première instance de Dixinn.

Après la comparution des prévenus, qui nient en bloc les accusations « d’incitation à la violence » portées contre eux, la deuxième journée a été consacrée au réquisitoire du Procureur de la République et à la plaidoirie des avocats.

Dans son réquisitoire, le Procureur de la République, a requis 5 ans de prison contre les différents prévenus et une amende de 2 millions de francs guinéens :

« Monsieur le président, je vous demande de déclarer Abdourahmane Sanoh, Alpha Soumah Bill de Sam, Mamadou Bobo Bah, Ibrahima Diallo, Baïlo Barry, Sékou Koundouno, Abdoulaye Oumou Sow coupables d’avoir à Conakry, courant octobre, mené des activités en vue de provoquer des manifestations et des interruptions des secteurs socioéconomiques sur l’étendue du territoire national. Monsieur le président, qu’il vous plaise de déclarer que ces comportements sont constitutifs de l’infraction de manœuvres et actes de nature à compromettre la sécurité publique et à occasionner des troubles graves à l’ordre public ; en conséquence monsieur le président, de les retenir dans les liens de la culpabilité de ce chef d’infraction en les condamnant chacun à la peine de 5 ans d’emprisonnement et à une amende de 2 millions de francs guinéens », a sollicité Sidy Souleymane N’Diaye.

En réaction, le collectif des avocats de la défense, qui exigent la libération pure et simple de leurs clients, qualifient le Procureur de la République, d’un Procureur de 3ème mandat.

« Nos clients ont été bafoués dans leurs droits. Ils ont été mis en prison pour, aux dires du ministère public, préserver la nation. Mais, cette nation n’a pas été préservée parce qu’au jour où nous parlons, il y a déjà 10 personnes tuées par balles qui sont à la morgue. Où est la préservation dans les actions de ce ministère public téléguidé par un camp au service du 3ème mandat ? Le parquet de Dixinn est le parquet du 3ème mandat et le procureur l’a prouvé dans ses agissements et les débats», regrette Maître Mickael Diakité, avocat de la défense.

Abordant dans le même sens, Maitre Halimatou Camara, estime pour sa part que le procureur de la République est l’enfant chéri du gouvernement :

« Le ministère public a dit que le mot Front est gravissime. Mais, il doit comprendre que tous les avocats que nous sommes sont membres d’un Front et que Mr Abdourahmane Sanoh et ses collègues sont une fierté pour toute la nation. Ils ont été illégalement interpellés, détenus et humiliés dans leur âme. Parce que tout simplement, le ministère public reçoit des coups de fil de la chancellerie qui veut mettre des innocents en prison. Mr le procureur est l’enfant chéri du gouvernement », a fait remarquer l’avocate.

De son côté, Me Salifou Béavogui, a pour sa part estimé que « Les membres du FNDC ont choisi de défendre la constitution contre toute velléité de modification. Lorsqu’on s’engage à défendre la constitution, on ne peut pas être pourchassés, persécutés, traqués, emprisonnés, jugés, voire condamnés » déplore l’avocat.

Sur fondant sur l’article 544 du code de procédure pénale, Me Béavogui rappelle que « nos clients n’ont posé aucun acte qui pouvait troubler l’ordre public. En appelant à des manifestations pacifiques, nos clients n’ont fait qu’exercer que leur droit constitutionnel », a-t-il insisté, rappelant de passage les dispositions de la Constitution.

Après un débat houleux, l’audience a été renvoyée au mardi 22 octobre prochain, une date à laquelle les leaders du FNDC pourraient être situés sur leur sort.

Alfred Bangoura, www.kababachir.com

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