TPI de Dixinn : Le Juge ordonne la mise en liberté provisoire du Cdt Diarra et ses deux gardes

A peine condamné à 6 mois d’emprisonnement, assorti de 3 mois de sursis, le commandant de BATA et ses deux co-accusés, qui avaient écopé chacun 2 mois d’emprisonnement, bénéficient d’une liberté provisoire.

Le premier président de la cour, Moussa Keita, a ordonné lundi la liberté provisoire de Mohamed Lamine Diarra, commandant du BATA, Fréderic Zézé Guilavogui et Moussa Keita, ses deux gardes. Et ce, 5 jours seulement après leur condamnation.

Et pourtant, le Commandant de BATA et ses deux gardes avaient été reconnus coupables du délit « d’outrage à magistrat » en première instance.

Après l’annonce de la nouvelle, les avocats de la partie civile ont exprimé leur déception :

« C’est un sentiment de déception totale qui m’anime cet après-midi, parce que nous avons assisté à une parodie de justice, à une violation flagrante de la loi. Les délais de comparution devant la cour sont de 5 jours. Or nous avons été cités dans un délai de 3 jours. Et en pareille circonstance, la loi dit que si la cour ne peut pas annuler l’acte de citation, mais néanmoins elle peut renvoyer la cause à la demande de la partie civile ou de l’autre partie. C’est ce que nous avons demandé. Et mieux que ça, toutes les parties n’ont pas été citées à l’audience. Or, s’il est vrai que nous pouvons demander la liberté provisoire à tout moment du procès, mais la loi insiste à l’article 149 que toutes les parties doivent être appelées et entendues, notamment l’association des magistrats qui était partie civile à la première instance. Elle n’est pas été appelée, elle n’a pas été entendue.

 Cette audience est uniquement organisée pour leur accorder la liberté provisoire, quand on sait surtout qu’aujourd’hui, dans toutes les juridictions de Conakry c’est les passations de service. Donc c’est comme s’il y a une main invisible qui commandite les choses derrière. Nous ne pouvons pas cautionner cette parodie de justice, c’est pourquoi dès qu’on a rendu cette décision nous avons préférer nous retirer. Nous ne viendrons plus jamais à cette audience. La cour peut continuer à gérer sa parodie de justice comme elle veut », s’insurge Me Gabriel Faya.
Par ailleurs, la défense des trois militaires était constituée de maitre Mory Doumbouyah, de maitre Joachin Gbilimou, ont déclaré à la cour que ‘’le principe de la contraction’’ n’a pas été respecté en première instance et que jamais, il y a eu outrage à magistrat.

Mais pour Me Mory Doumbouya, avocat de la défense, ce procès prouve que l’Etat de droit est instauré en Guinée « Ce qui est plus important aujourd’hui c’est l’avancée de l’Etat de droit dans notre pays. Ne perdez pas de vue que c’est le commandant du BATA qui a décidé de se constituer prisonnier pour que force reste à la loi, à la suite de l’incident survenu au tribunal de Dixinn. Si jamais il prenait la décision de rester dans son quartier général au Camp Alpha Yaya, aucune force ne pouvait aller le chercher. Mais il s’est dit qu’en tant qu’un des responsables de la sécurité du chef de l’Etat, mon devoir est de présenter un meilleur exemple. Il s’est présenté lui et ses gardes pour que force reste à l’autorité de la justice »

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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