TPI DE DIXINN : Des militaires s’en prennent au juge Morlaye Soumah

Ce qui s’est passé hier au Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn est symptomatique du peu de confiance que la justice continue d’inspirer aux Guinéens et est une remise en cause sérieuse des résultats de la réforme de l’armée. En effet, reprochant au juge Morlaye Soumah d’avoir libéré l’auteur du viol de la fille à une proche, le commandant du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA) s’en est physiquement pris au juge qu’il a brutalisé.

Accompagné de deux de ses acolytes et guidée par la femme de la supposée victime, le commandant Mohamed Lamine Diarra, venant de nulle part, s’est brusquement introduit au cinquième cabinet des juges, contigu à la salle d’audience du tribunal. Aussitôt, des bruits d’altercations houleuses en sont sortis. Avant qu’au bout de quelques minutes seulement, le juge pris au collet par le commandant ne se retrouve dehors. Ses agresseurs particulièrement remontés lui reprochent d’avoir libéré l’auteur du viol de la fille. Devant la tournure des événements, l’audience qui se tenait est momentanément suspendue. Une fois au dehors, quelques  personnes s’ajoutant aux gardes pénitentiaires, viennent au secours du juge Morlaye Soumah.

Très vite, les assaillants sont submergés et rendus vulnérables. Magistrats et avocats protestent vivement. Pour eux, l’attitude du commandant est insupportable. Ce dernier et les deux autres bérets rouges sont introduits dans la salle d’audience. Il y est question de l’enfermement des agresseurs. La police militaire, alertée à coups de téléphone, est impliquée dans les négociations. Ça parlemente longuement et à l’abri de l’assistance, priée de se mettre à l’écart. Et au bout, impuissants, les magistrats assistent au départ des trois bérets rouges. Pour les apaiser, ils s’entendent dire que ces derniers répondent juste à un appel du ministre délégué à la défense, avant de retrouver la prison.

Ainsi soit-il, pourrait-on dire !

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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