Traversée du Pont de Linsan : Le calvaire des usagers

Comme annoncé précédemment, plus 800 véhicules étaient bloques dimanche à Linsan, une localité située sur la route nationale N°1, entre la préfecture de Kindia et Mamou.

La déviation qui avait été réalisée pour permettre aux usagers de traverser en attendant la fin des travaux de reconstruction du pont, qui avait cédé le 20 juin dernier, a cédé à son tour, suite des pluies diluviennes, a constaté sur place votre quotidien électronique.

Une situation qui a crée un calvaire aux usagers de l’une des plus importante route nationale, qui relie la Basse Guinée et aux autres régions de la Guinée (Moyenne-Guinée, Haute Guinée et Guinée Forestière). Un passage obligé pour rallier la capitale guinéenne.

Dimanche, à l’exception d’une dizaine de gros porteurs et des  4×4, aucune voiture, n’a pu traverser de 5 h du matin à 19 h, heure à laquelle nous avons quitté les lieux .

Des milliers de personnes se sont retrouvés bloqués, d’autres ont préféré rebrousser chemin.

Le film de la traversée…

Les quelques gros porteurs et 4×4, qui ont pu travers, c’est avec un gros risque.

L’eau a débordé et le tuyau qui canalisait l’eau a été emporté après des fortes pluies qui se sont abattues dans la nuit du samedi au dimanche. Ce qui rendait difficile la traversée. Deux des gros porteurs et 4×4 qui embarquaient les citoyens pour la traversée moyennement un payement de 10 000 FG, ou parfois négociable à la tête du client, se sont retrouvés embourbé au beau milieu de la déviation.

Il a fallait une grue pour tirer les camions remorques avec des risques énormes de se retrouver dans l’eau. Un des jeunes qui aidaient à apporter des cailloux et la traversée a échappé de justesse à une noyade. Il a été vite secouru, tout un vieux qui s’était retrouvé dans la situation.

Aux environs de 17 heures, aucun gros porteur ne voulait prendre le risque de tenter la traversée.

Les autorités ont brillé par leur absence sur les lieux

Or, à l’exception des quelques agents de la gendarmerie, les autorités ont brillé par leur absence sur les lieux. Une situation qui a suscité la colère des citoyens venus de différents endroits de la Guinée et bloqués toute la journée.

L’unique réaction du ministère des travaux publics est de publier un communiqué dont kababachr.com vous livre un extrait :

« Les travaux de réhabilitation du pont effondré, sont terminés. L’ouvrage sera opérationnel après les essais et contrôle d’usage par le Cabinet d’expertise. C’est pourquoi, il est interdit tout passage forcé sur le pont reconstruit. », lit-on dans un communiqué

Avant d’ajouter : « En attendant, tout en comprenant la colère et les frustrations des usagers, nous sollicitons votre patience et la prudence pour tous. »

Des agents des forces de l’ordre pourchassés par des jets de pierre des citoyens en colère

Mais cette patience dont fait allusion le ministre Moustapha Naité a des limites. Un simple communiqué ne pouvait calmer les citoyens qui ont traversé un calvaire, toute la journée.

Aux environs de 18 h, après plusieurs tentatives des négociations avec des agents de la gendarmerie et des techniciens chargés des travaux, pour permettre les piétons de traverser à partir de l’ancien pont dont les travaux sont en cours et permettent au moins le passager des ceux-ci, les citoyens décident d’aller à la confrontation. Du coup, des jeunes se mobilisent et décident d’en découdre avec les forces de l’ordre, qui dans un premier temps ont reculé pour faire une ceinture de sécurité.

Des jeunes qui scandaient « on va traverser de gré ou de force », avec des propos hostiles au régime en place, lancent des pierres. La réplique des forces de l’ordre de l’ordre et des ouvriers est immédiate. Des échanges des jets de pierre ont durée quelques 5 minutes, avant que les forces de l’ordre et les ouvriers, voyant la foule qui se dirigeait vers eux ne prennent la fuite. Ce qui a permis à tous les piétons de traverser pour rejoindre l’autre côté de Linsan pour trouver un taxi, soit pour aller à Kindia ou à Mamou.

Flambée des prix des biens et des services

Trouver à manger à Linsan, dans les conditions décrites plus haut, reste un autre calvaire des usagers de la route. Tous les prix des biens et des services qui ont connu une hausse vertigineuse.

Mais en raison de la brousse, ceux qui viennent du côté de Mamou, ont été ls plus affectés, en raison du fait qu’à ce niveau, c’est la brousse, alors que de l’autre côté (kindia), c’est la ville. La miche de pain se vend entre 6 000 à 7 000 FG, une boite de sardine se négocie entre 6 000 et 8 000, l’eau minérale à 1 000 FG et les autres produits et services ont connu la même tendance.

Sur la raison de cette situation, un commerçant que nous avons approché explique : « vous savez ceux qui sont de l’autre côté (Mamou), c’est la brousse. Pour trouver du pain par exemple, il faut qu’il déplace des taxis motos pour aller acheter à Tamagaly et revenir vendre, avec les frais de transport, il faut qu’il augmente ».

Au moment où nous quittions les lieux, aucune traversée n’était possible en dehors des piétons qui se sont frayer du chemin, après avoir chassé les agents de la gendarmerie nationale.

Pour rappel, ce pont, âgé de 85 ans, a été construit en période coloniale. Faute d’entretien, il a cédé le 20 juin dernier. Un mois après, les travaux de reconstruction peinent  à finir, alors que les populations continuent à traverser le calvaire sur cette voie routière, qui relie la capitale et les autres régions de la Guinée.

Abdoul Wahab Barry, de retour de Linsan pour www.kababachir.com

 

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