Troisième mandat : qu’en pense Alpha Condé et …Trump ?

« Mon souci c’est d’achever mes projets et d’appliquer mon programme. Pour le reste, comme disait Karl Marx, l’humanité ne se pose que des problèmes qu’elle en est mesure de résoudre. »

Alpha Condé ne semble pas changer, même avec l’arrivée de Donald Trump, malgré que le locataire de Sékhoutouréya ait levé le lièvre depuis des mois pour certainement sonder, prendre la température de son électorat mais surtout des partenaires étrangers pour évoquer un 3è mandat. Il en a eu quand même pour son compte car, ce fut une réelle levée de boucliers de toutes parts. Autant se raviser et trouver une échappatoire pour…distraire ou reculer pour mieux sauter, avec le départ à la Maison blanche d’un Démocrate trop regardant sur la politique africaine.

En tentant de s’expliquer dans JA dans son édition du 12 novembre, Alpha Condé veut mettre tout le monde à l’aise. Réussira-t-il à trouver l’unanimité ? Pas si évident.

La France a déjà pris position par rapport à la fuite en avant d’Alpha Condé. L’ambassadeur de France en Guinée d’alors, Bertrand Cochery avait coupé court l’envie de son ami à vouloir modifier la Constitution, à travers le fameux « Le peuple le décidera ». La France a pris note de cette volonté de 3è mandat. Un rapport aurait été déposé au Quai d’Orsay et bien ailleurs dans les milieux diplomatiques et d’aides au développement. Partout, Alpha est fiché. D’où la grosse colère de Conakry déjà dans le viseur des Américains.

En effet, le nouveau diplomate américain – Laskaris, l’ami est rentré – est resté formel : « Nous avons toujours porté un regard négatif vis-à-vis des leaders qui ont changé leurs constitutions. Mais il y a eu des présidents qui ont modifié la constitution avec l’appui des populations, du coup il y a eu des problèmes dans nos relations bilatérales. Par contre il y a eu des pays où les populations n’ont pas accepté la modification. »

Pour le diplomate américain, la constitution est bien claire. Partant, « On ne peut pas changer les détails de la constitution sans changer complètement la constitution. Evidemment c’est pour le peuple, c’est ce qu’on dit dans les autres pays. » Il ne comprend pas le choix de Condé : « Alors le président guinéen n’a fait que 4 mois seulement de son second mandat, il a plus de 4 ans et demi devant lui. Donc c’est un peu trop tôt de parler de changement de constitution parce qu’il vient juste de commencer avec son second mandat. »

Avec l’arrivée de Donald Trump à la tête des USA favorisera-t-elle la complaisance démocratique, notamment en Guinée ? On le sait, Obama était plus porté au respect des règles démocratiques, allant jusqu’à dire que l’Afrique a plutôt besoin d’institutions fortes. Le Républicain Trump marchera-t-il sur les mêmes traces…démocratiques que son prédécesseur, donc dissuadera les despotes camouflés à malmener leur Constitution? Trop tôt pour se fixer, pourrait-on dire. Mais déjà, certains présidents africains jubilent. Avec des discours en pointillé, le temps d’y voir clair.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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