Tunisie – Femmes : Asma quitte l’université pour un projet d’élevage bovin


« Avant je ne comprenais rien dans le domaine de l’agriculture et l’élevage. J’ai suivi une formation de 4 mois. Après, j’ai lancé mon projet ».

Tunis (dpa) – Après deux ans d’études d’anglais à l’Institut « Bourguiba School », à Tunis, capitale de la Tunisie, la jeune Asma Gmati a quitté les bancs de l’Université, pour lancer son projet d’élevage bovin. Asma (27 ans), originaire de la province du Kef (Nord-ouest), région à vocation agricole, est, aujourd’hui, propriétaire d’une ferme, où elle s’occupe de 9 vaches laitières et 8 veaux, travaille la terre et vend du lait pour financer son projet.

Chaque jour, elle poste sur les réseaux sociaux, des photos d’elle en train de travailler du sol à l’aide d’un tracteur, nettoyer les étables ou traire ses vaches. « Avant je ne comprenais rien dans le domaine de l’agriculture et l’élevage. J’ai suivi une formation de 4 mois. Après, j’ai lancé mon projet », dit-elle.

Très différente d’une agricultrice ordinaire, Asma profite des nouvelles technologies pour promouvoir son projet. Elle est devenue une célèbre « instagrameuse », suivie par des milliers d’abonnés. Beaucoup de jeunes, filles et garçons apprécient ses photos sur Instagram avec ses vaches, ses chiens ou son tracteur. Ses abonnés l’encouragent et estiment qu’elle a réussi à déconstruire les stéréotypes, l’élevage bovin étant une activité longtemps dominée par les hommes en Tunisie.

« Au début, les gens me disaient que ce n’est pas un métier pour les filles. Je n’ai pas cherché à les convaincre du contraire par des mots, mais par le travail et par ma réussite», lance-t-elle fièrement. Dans les années à venir, Asma veux agrandir son projet, le moderniser et acheter de nouvelles machines agricoles.

En Tunisie le taux de présence des femmes dans l’agriculture est estimé à 65 pour cent. Mais, seulement 4 pour cent des femmes sont propriétaires de terres agricoles, selon l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), un syndicat d’agriculteurs. Le taux d’absorption des jeunes de moins de 30 ans par le secteur agricole tend à diminuer avec l’âge, témoignant d’une désaffection pour ce secteur, alors que l’on assiste à un vieillissement des exploitants, selon des statistiques du « Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes ».

Source: dpa-news.de

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