Tunisie: L’entrepreneur Attafi propose une alternative aux jouets plastiques

Faouzi Attafi a fait de sa passion son métier et dirige aujourd’hui Richesse du bois, un atelier de menuiserie qui fabrique des jouets en bois pour les enfants.

Malgré la précarité socio-économique à laquelle il était confronté dès son jeune âge, le Tunisien Faouzi Attafi est parvenu à faire face à l’adversité, en transformant sa vieille passion pour le bois en une affaire prospère. À 32 ans, Faouzi est aujourd’hui à la tête de Richesse du bois, un atelier de menuiserie qui fabrique des jouets en bois destinés aux enfants. Né à Ain Drahem, l’une des régions les plus pauvres de la Tunisie, Faouzi s’est vu contraint d’abandonner les bancs du lycée à l’âge de 16 ans pour subvenir aux besoins de sa famille.

« Lorsque j’étais enfant, je fabriquais moi-même mes jouets. Après avoir abandonné mes études secondaires et enchaîné les petits boulots, je me suis dit pourquoi ne pas vivre de ma passion et faire connaître le bois de ma région, d’autant que cette matière première est abondante à Ain Drahem (Nord-ouest). C’est alors que j’ai ouvert un atelier chez-moi », indique-t-il dans un entretien accordé à la dpa.

Pour parfaire son savoir-faire et cultiver sa passion, l’artisan menuisier participe à une session de formation aux métiers du bois, offerte par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ). Cette formation de quatre mois l’a encore motivé à percer dans ce créneau qui constitue l’une des principales sources de revenus de la population d’Ain Drahem.

Petit à petit, Faouzi commence à participer aux salons nationaux de l’artisanat pour faire connaître ses produits et son enseigne. Sa persévérance et son dévouement pour son travail lui ont permis de recevoir un prix de l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA), principale organisation patronale en Tunisie. « Je suis fier d’être parmi les premiers à me lancer dans ce type d’artisanat et de proposer aux parents et aux établissements éducatifs une alternative aux jouets plastiques chinois qui ne sont pas sans risque pour les enfants », se félicite-t-il.

« Il existe un véritable engouement envers mes jouets sur le marché local et même international. J’ai déjà exporté quelques produits vers l’Italie et les Etats-Unis », ajoute Faouzi qui emploie actuellement six salariés dont des personnes à besoins spécifiques. Pour l’instant, l’artisan commercialise ses produits via les réseaux sociaux. Néanmoins, il projette d’ouvrir, d’ici un an, une boutique dans sa région natale. Il ambitionne à terme de développer sa capacité de production et de créer une usine de fabrication de jouets en bois afin de contribuer à améliorer l’employabilité à Ain Drahem.

Avec un taux de pauvreté de 27,2 pour cent, Ain Drahem reste l’une des trois délégations les plus pauvres du gouvernorat de Jendouba (Nord-ouest), selon la carte de la pauvreté en Tunisie, publiée par l’Institut National de la statistique (INS) en 2020. Cette région se caractérise également par les taux d’abandon scolaire et de chômage les plus importants.

Source: dpa-news.de

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